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Tunisie / Chronologie

Chronologie: la Tunisie depuis la révolution de jasmin

RFI/Manuel Pochez
Texte par : Ursula Soares
7 mn

Après le soulèvement populaire de décembre 2010, rebondissements et manifestations incessantes ont marqué ces neuf derniers mois en Tunisie. Le président Ben Ali a été chassé après 23 ans de pouvoir et la date des premières élections libres a été fixée au 23 octobre 2011, après plus de cinquante ans de parti unique.

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C’est un geste désespéré dans la localité de Sidi Bouzid qui a déclenché des manifestations qui, peu à peu, ont gagné la capitale et abouti à la fuite de l’ex-président tunisien Zine-El-Abidine Ben Ali, le 14 janvier 2011. C’est aussi le début d’un soulèvement populaire qui a donné naissance à la « Révolution du Jasmin ».

Décembre 2010

Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant de fruits et légumes à Sidi Bouzid, dans le centre-ouest de la Tunisie, s’immole par le feu. Il proteste contre la saisie de sa marchandise par la police. Un mouvement contre le chômage et la vie chère se déclenche alors. La « Révolution du Jasmin » est née.
Les manifestations s’étendent à d’autres villes et gagne Tunis, la capitale, le 11 janvier, donnant lieu à des émeutes. Le mouvement est violemment réprimé provoquant la mort de près de 300 personnes, selon l’ONU.

Le 28 décembre 2010, l’ex président tunisien Zine-El-Abidine Ben Ali s’exprime pour la première fois et dénonce « une minorité d’extrémistes qui agissent contre les intérêts de leur pays ».

Janvier 2011

Les événements du mois de janvier confirment l’ampleur de la révolution qui, plus que jamais, est en marche bien que vivement réprimée par la police. Les Etats-Unis réagissent le 7 janvier, lorsqu’ils convoquent l’ambassadeur de Tunisie à Washington pour exprimer « leur préoccupation » à propos de la répression des manifestants par la police.

Le 14 janvier 2011, Ben Ali fuit le pays, après 24 ans passés à la tête du pouvoir, et se réfugie en Arabie Saoudite. Fouad Mebazaa devient président par intérim. Et, le même jour, le premier ministre Mohammed Ghannouchi annonce qu’il assure désormais le poste en intérim. Il annonce également « un gouvernement d’union nationale » avec l’équipe sortante qui conserve les postes-clés. Les manifestations contre ce gouvernement vont ensuite se multiplier jusqu’à sa dissolution.

Ainsi, le 23 janvier, la pression contre le gouvernement s’accentue à Tunis. Un millier de jeunes venus de province demandent la démission des caciques de l’ancien régime, nommés dans le gouvernement de transition. Et le 27 janvier, ce sont d’autres manifestations qui sont organisées à Tunis pour réclamer le départ des anciens ministres de Ben Ali du gouvernement provisoire.

Le 26 janvier 2011, un mandat d’arrêt international est émis à l’encontre du couple Ben Ali. Le deux époux seront condamnés, par contumace, quelques mois plus tard, à 35 ans de prison pour détournement de fonds.

Le 30 janvier 2011, Rachid Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahda fait son retour à Tunis, après 20 ans d’exil à Londres. Il annonce qu’il ne se présentera pas à la prochaine élection présidentielle. Il restera toutefois le chef spirituel du mouvement.

Février 2011

La période révolutionnaire est également marquée par un départ massif de tunisiens qui cherchent à regagner l’Europe. Ainsi, à partir du 13 février et en moins d’une semaine, plus de 5 000 Tunisiens fuient le pays pour Lampedusa, en Italie.

Le 19 février 2011, c’est l’amnistie générale pour les prisonniers politiques. Parallèlement, les manifestations se poursuivent.

Le 25 février 2011, des manifestants anti-gouvernementaux se rassemblent à Tunis. Heurts avec les policiers ; des commissariats sont incendiés et saccagés. Les manifestants réclament la démission du Premier ministre qu’ils finiront par obtenir deux jours plus tard.

Le 27 février 2011, le chef du gouvernement Ghannouchi démissionne. Béji Caïd Essebsi lui succède.

Mars 2011

Deux mois après le début du soulèvement, le mouvement islamiste Ennahda légitime son existence. Il sera très présent sur le terrain et connaîtra une irrésistible ascension jusqu’à l’élection de la nouvelle l’assemblée constituante, le 23 octobre 2011.

Le 1er mars marque la légalisation du mouvement islamiste Ennahda.

Le 7 mars, nouveau gouvernement où ne figure plus de ministre ayant servi sous Ben Ali. Annonce de la suppression de la direction de la sûreté de l’Etat et de toute forme d’organisation s’apparentant à la police politique.

Le 9 mars, la justice dissout le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de Ben Ali. Cette dissolution marque le début de la légalisation de différents partis politiques. Plus de 110 partis sont aujourd’hui reconnus en Tunisie.

Avril 2011

Aux revendications politiques, viennent s’ajouter les revendications sociales. A partir du 1er avril, les manifestations d’activistes islamistes se multiplient pour revendiquer, notamment, le port du voile.

Le 15 avril 2011, plusieurs centaines de personnes manifestent devant l’ambassade d’Arabie Saoudite à Tunis pour réclamer l’extradition de l’ex-président Ben Ali qui fait l’objet de 18 actions en justice pour complot contre la sûreté de l’Etat, homicide volontaire, usage et trafic de drogues.

Mai 2011

Le 7 et 8 mai, nouvelles manifestations. Les protestataires réclament la démission du gouvernement de transition, par crainte que ce dernier revienne sur ses promesses de démocratisation. Les pillages et les saccages se multiplient.

Les journalistes dénoncent, de leur côté, les violences dont ils ont fait l’objet lors des récentes manifestations.

Le 11 mai 2011, le gouvernement de transition tunisien décide de traduire Zine El Abidine Ben Ali, le président tunisien déchu, devant un tribunal militaire. Principaux chefs d’accusation : homicide volontaire, pillage et meurtre. Les autorités n’ont toutefois pas encore obtenu l’extradition de l’ancien président et de son épouse, réfugiés en Arabie Saoudite depuis le 4 janvier.

Juin 2011

Le 8 juin 2011, report au 23 octobre des élections pour l’assemblée constituante initialement prévues le 24 juillet. Ce sont les premières élections libres en Tunisie depuis le début de la révolution. Les tunisiens sont appelés à élire les représentants de la nouvelle Assemblée constituante, sachant qu’il y a plus de 10 000 candidats qui se présentent sur 1 500 listes qui, à leur tour, représentent plus de 100 partis politiques.

Le 20 juin 2011, condamnation par contumace de l’ex-président, Ben Ali, et de son épouse, Leïla Trabelsi, à 35 ans de prison pour détournement de fonds.

Juillet 2011

Le 4 juillet 2011, condamnation par contumace de l’ex-président Ben Ali à 15 ans et demi de prison pour détention d’armes, de stupéfiants et de pièces archéologiques.

Le 28 juillet 2011, condamnation par contumace de l’ex-président Zine el-Abidine Ben Ali à 16 ans de prison pour corruption et fraudes immobilières dans deux affaires d’achat et de cession de terrains immobiliers.

Août 2011

Le 8 août 2011, manifestations à Tunis pour une justice indépendante après la libération d’anciens ministres et l’impunité accordée à des ex-dignitaires.

Septembre 2011

Le 6 septembre 2011, le gouvernement annonce une stricte application de l’état d’urgence et interdit toute activité syndicale policière, après les violences ayant secoué des régions défavorisées.

Octobre 2011

Le 16 octobre 2011, des milliers de Tunisiens manifestent à Tunis pour la liberté d’expression et contre l’islam radical. Ils dénoncent les violences qui ont éclaté après la diffusion par la chaîne satellitaire Nessma TV, le 7 octobre, du film « « Persepolis », de la franco-iranienne Marjane Statrapi, dans lequel Dieu est représenté sous les traits d’un vieillard – une scène jugée « blasphématoire » car l’islam proscrit toute représentation de Dieu.

 

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