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Sénégal

Un projet de biocarburant fait deux morts dans la vallée du fleuve Sénégal

A Fanaye au Sénégal, 20 000 hectares de terre doivent être cédés à un investisseur italien.
A Fanaye au Sénégal, 20 000 hectares de terre doivent être cédés à un investisseur italien. Danita Delimont/ Getty Images
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Deux morts et vingtaine de blessés, c'est le bilan des heurts qui ont opposé le mercredi 26 octobre 2011, les habitants de la communauté rurale de Fanaye, dans la vallée du fleuve Sénégal. Les habitants se sont divisés autour d'un projet privé de biocarburant. Partisans et adversaires se sont retrouvés face à face armés de bâtons et d'armes artisanales. A l'origine de ces violences : 20 000 hectares de terres cédés à des investisseurs italiens sans que la population n'ait été véritablement consultée.

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Cela fait déjà plusieurs mois que la colère monte à Fanaye. Plusieurs mois que les habitants s’opposent à ce projet italien d’investissement dans le biocarburant : les autorités locales ont en effet négocié avec les porteurs du projet l’attribution de 20 000 hectares de terres.

« C’est le tiers de toutes les terres cultivables de la communauté rurale », se lamente Ahmadou Thiaw, du collectif de protestation formé par les villages concernés. Et il poursuit : « 20 000 hectares c’est trop, ça va complètement étouffer la communauté rurale. C’est un projet qui n’est pas viable et pas acceptable par les populations ».

Les habitants de Fanaye que RFI a pu joindre se plaignent de l’attitude du président du conseil rural qui a agi, disent-ils, sans véritable concertation et qu’ils soupçonnent de ne défendre que son intérêt personnel.

Mercredi, ces habitants ont voulu profiter d’une réunion de l’instance locale pour manifester. Le mouvement a dégénéré en affrontement avec des défenseurs de l’élu local. Coups à l’arme blanche, tirs de fusils artisanaux : un premier homme est mort sur place, renforçant la colère des populations qui s’en sont prises à la maison communautaire. Selon le chirurgien chef de l’hôpital de Ndioum, un autre homme est mort dans la soirée des suites de ses blessures.

« Tout le monde attend que l’Etat intervienne pour stopper les travaux, explique Ahmadou Thiaw, la population défend son patrimoine. Les gens sont tellement attachés à leur terre ».

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