Sahel / Sécheresse

Les pays du Sahel cherchent à assurer leur sécurité alimentaire

Le Programme alimentaire mondial distribue des aliments de base (farine, sucre, huile, céréales) aux réfugiés sahraouis.
Le Programme alimentaire mondial distribue des aliments de base (farine, sucre, huile, céréales) aux réfugiés sahraouis. (Photo : M.P. Olphand)

Une réunion sur la situation de la sécurité alimentaire dans la région du Sahel s’est achevée ce jeudi 3 novembre 2011 à Nouakchott. Les ministres de l’Agriculture du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) se sont penchés pendant deux jours sur les conséquences du déficit pluviométrique qui a surtout affecté la Mauritanie, le Burkina Faso, le Tchad et le Niger.

Publicité

Bien que ne disposant pas encore des données exactes sur les conséquences de la sécheresse et des mauvaises récoltes, les ministres de l’Agriculture de neuf pays du Sahel se sont réunis pour faire face à la menace qui pèse sur des millions de personnes qui vont avoir un besoin urgent de nourriture dans les prochains mois. Ces pays se sont vus face à un contexte général de malnutrition chronique, aggravée par des précipitations irrégulières et par l’envolée des prix du riz et du blé importés.

Pour le moment, toutes les données ne sont pas encore recueillies. Une fois les chiffres consolidés, des recommandations précises seront alors présentées et proposées lors d’une prochaine réunion, à Cotonou, au Burkina Faso, prévue pour ce 20 novembre 2011. Un plan de riposte avec des actions concrètes sera alors annoncé.

D’ores et déjà les ministres réunis ont convenu d’amplifier la recherche sur l’exploitation des eaux souterraines. Ils souhaiteraient également améliorer la recherche météorologique dans le Sahel en augmentant, notamment, le nombre de stations météorologiques pour mieux prévoir et anticiper les faibles pluviométries. Et puis également évoquée lors de cette réunion, l’idée d’un projet pilote expérimental de production de pommes de terre dans le Sahel.

Et enfin, sur un plan technique, le CILSS a par ailleurs souhaité un rapprochement avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), un processus qui était déjà en cours et qui se poursuit.

La Mauritanie, le pays le plus touché

En Mauritanie, pays le plus touché de la région, le gouvernement a déjà mis en place un programme d’intervention de près de 100 millions d’euros. Cette année, le pays a effectivement connu un important déficit pluviométrique dont les conséquences s’avèrent inquiétantes. Selon les estimations du Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU, « environ 700 000 personnes sont en proie à une insécurité alimentaire sévère », soit le quart de la population totale.

Pour y faire face et avec le soutien du FMI, le gouvernement mauritanien se prépare à mettre, sur le marché, des produits alimentaires de base à des prix accessibles aux couches les plus démunies. Par ailleurs, il est aussi question de mettre sur le marché et sur tout le territoire national les aliments de bétail, en quantité suffisante et à des prix fixes.

Ce programme du gouvernement mauritanien prévoit également des forages dans les zones où le manque d’eau est le plus fortement ressenti par les populations et le cheptel.

La situation de la sécurité alimentaire est jugée préoccupante également au Burkina Faso, au Tchad et au Niger. Fin octobre, le PAM estimait qu’environ un million de personnes au Niger avaient un besoin urgent de nourriture suite aux mauvaises récoltes. L’organisation se disait aussi « inquiète au sujet de la situation » au Tchad et au Burkina Faso.

Plus du tiers des communes du Burkina Faso en insécurité alimentaire

Plus du tiers des communes du Burkina Faso ont été déclarées ce mercredi 2 novembre 2011 en « insécurité alimentaire » par le gouvernement. 146 des 351 communes sont touchées par un déficit céréalier dû aux mauvaises récoltes. Dans ces régions également, les pluies, déficitaires, ont été mal réparties dans le temps et dans l’espace.
Interrogé par RFI, Jules Zongo, secrétaire général de la confédération paysanne du Faso, se dit très préoccupé par cette dernière campagne agricole qui a été très mauvaise et demande aux autorités de prendre des dispositions rapidement.

Nous avons même vu des champs où les producteurs ne seront même pas en mesure de récolter 1 kilogramme de céréales sur des hectares.

Jules Zongo, secrétaire général de la confédération paysanne du Faso.

Le gouvernement de Ouagadougou a d’ores et déjà annoncé un transfert de céréales des zones excédentaires vers les zones déficitaires ainsi que la mise à disposition des producteurs de semences à cycle court et à haut rendement.

Interrogé par RFI, Alain Edouard Traoré, porte-parole du gouvernement du Burkina Faso, confirme le lancement, pour très bientôt, de la culture de contre-saison et l’identification des familles les plus vulnérables.

Une des mesures consiste à lancer le plus rapidement possible la culture de contre-saison, la culture que l’on dit de saison sèche.

Alain Edouard Traoré, porte-parole du gouvernement du Burkina Faso

Les pays du CILSS sont le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée-Bissau, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad. Créée en 1973, cette organisation sous-régionale, basée à Ouagadougou au Burkina Faso, a pour objectif de s’investir dans la recherche de la sécurité alimentaire et dans la lutte contre les effets de la sécheresse et de la désertification, pour un nouvel équilibre écologique au Sahel, en vertu de ses statuts.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail