RDC / Elections

Les défenseurs des droits de l'homme pour un report des élections en RDC

Goma, le 10 octobre 2011. Arrivée du matériel de vote pour les élections du 28 novembre 2011.
Goma, le 10 octobre 2011. Arrivée du matériel de vote pour les élections du 28 novembre 2011. © Monusco/Sylvain Liechti
Texte par : RFI Suivre
8 mn

Le collectif des associations de défense des droits de l'homme en République démocratique du Congo est en faveur d'un report des élections présidentielle et législatives du 28 novembre prochain. Ce souhait a été exprimé ce lundi 14 novembre 2011, à Kinshasa, lors d'une conférence de presse. Pour les activistes des droits de l'homme, les violences et autres discours d'incitation à la haine que tiennent les différents acteurs politiques ne favorisent pas des élections apaisées.

Publicité

La question est désormais au centre du débat politique en République démocratique du Congo : faut-il oui ou non reporter les élections du 28 novembre 2011 ?

Dans le constat fait ce lundi, à moins de deux semaines de scrutin, le collectif des associations de défense des droits de l’homme a estimé que les conditions ne sont pas réunies pour la tenue de ces consultations.

Tshivuadi wa Tshivuadi, le secrétaire général de l'ONG Journaliste en danger est sûr que : « Dans l’état d’esprit actuel, (...) aller aux élections dans ces conditions va déboucher dès le lendemain de la proclamation des résultats, peut-être même avant, sur des violences que tout le monde redoute. La date du 28 n’est pas une date fétiche ! Il vaut mieux être décalé peut-être d’un mois ou deux pour essayer d’arrondir les angles plutôt que se retrouver dès le lendemain du vote dans une situation qui sera encore difficile à gérer ».

Cet avis n’est pas partagé par tous les animateurs de la société civile.

Christopher Ngoyi Mutamba, le leader de Synergie Congo culture et développement (SCCD), un mouvement citoyen estime que « les élections sont déjà lancées. Et le 28 novembre 2011 est une date cruciale qui va entraîner de grands bouleversements et ces bouleversements sont inévitables. Qu’il y ait élection ou pas ».

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) dont la crédibilité dépend de la réussite de l’organisation de la présidentielle et des législatives du 28 novembre, répondra-t-elle au collectif des associations des droits de l'homme ?

Menaces sur Radio Télé Envol au Kasaï

Dans le fief d'Étienne Tshisekedi, au Kasaï occidental, à Luisa, l'une des grandes villes de la région, la RTE (Radio Télé Envol), favorable au candidat de l'opposition, affirme avoir reçu des menaces de fermeture, y compris directement par l'administrateur territorial, le préfet local. Un incident ou une information qui contribue à alourdir le climat électoral.

Nous avons reçu la visite de membres du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) armés qui sont venus menacer notre radio et ce qui est plus grave, c'est que ces menaces ont été relayées dans une réunion du conseil de sécurité du territoire, dirigée par l'administrateur du territoire.

Delly Sésanga, président du parti Envol, à Luisa

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (Cesac) a confirmé avoir été alerté sur cette question. Le président du Cesac, Jean-Bosco Bahala, a indiqué à RFI qu'il attend d'avoir toutes les informations sur cette affaire avant de se prononcer.

 

Ce lundi 14 novembre 2011, tous les regards étaient tournés vers Goma. La plus grande ville de l’est de la République démocratique du Congo recevait le même jour les deux principaux adversaires de la prochaine présidentielle : le président Joseph Kabila et l’opposant Etienne Tshisekedi.

Etienne Tshisekedi, l’opposant historique de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), est arrivé le premier à l’aéroport de Goma où attendaient deux groupes de supporteurs, les siens et les autres, les adversaires, ceux qui attendaient le président Joseph Kabila. Un cordon de police s’est interposé.

Un peu plus tard, Etienne Tshisekedi tenait son meeting dans le stade des Volcans. En lingala, il a dit aux Kivutiens qu’il ne fallait pas avoir peur, que l’heure du changement était arrivée et qu’il était sûr de remporter l'élection présidentielle du 28 novembre.

Un peu plus tard, Joseph Kabila, chef de l’Etat sortant, soutenu entre autres par le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD ) et d’autres plus petits partis, arrive sur la place de l’Office national du café. Il s’adresse à la foule en kiswahili, affirmant qu’il a une dette envers les habitants du Kivu qui l’ont élu à 96% en 2006 et que cette dette, il continue à la payer en construisant des routes : « N’écoutez pas ceux qui vous vendent des chimères. Ils viennent voir le lac et ils repartent sans rien laisser derrière eux  ! » a-t-il dit avant de donner la parole à son épouse Olive.

Lundi, en fin de journée, le soulagement prédominait à Goma : « On avait peur de cette journée, mais finalement tout s’est bien passé », avoue une habitante.

Aujourd'hui, mardi 15 novembre, Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi continuent leur campagne dans le Nord-Kivu. Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale, candidat de l’Union pour la nation congolaise (UNC) est attendu  à Mbandaka dans l'Équateur, tout comme le candidat Léon Kengo Wa Dondo, président du Sénat, ancien Premier ministre de l’ex-président Mobutu, candidat de l'Union des forces du changement (UFC).

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail