Egypte

La confrontation entre pouvoir et manifestants continue en Égypte

Des manifestants transportent un blessé près du ministère de l'Intérieur au Caire, mercredi 23 novembre 2011.
Des manifestants transportent un blessé près du ministère de l'Intérieur au Caire, mercredi 23 novembre 2011. REUTERS/Ahmed Jadallah
Texte par : RFI Suivre
5 mn

La situation est de plus en plus tendue en Egypte où de violents affrontements ont encore opposé la police et les manifestants réclamant le départ des militaires au pouvoir, mercredi 23 novembre 2011. Pour la première fois, des médecins ont fait état de décès par balles, et la promesse du maréchal Tantaoui d'organiser la présidentielle l'année prochaine pour un retour au pouvoir civil n'a pas convaincu grand monde.

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Avec notre envoyée spéciale au Caire

La place Tahrir était encore noire d'une foule compacte mercredi soir 23 novembre 2011. Les affrontements se sont poursuivis dans la rue Mohamed Mahmoud toute la matinée à quelques centaines de mètres du ministère de l’Intérieur. En fin d’après-midi, lors d’une accalmie, les membres de la confrérie Al-Azhar représentant l’islam sunnite ont formé des chaînes humaines pour s’interposer entre les manifestants et les policiers.

Certains ont été blessés et la police a profité du recul des jeunes pour attaquer à nouveau. Le grand imam d’Al-Azhar a exhorté les forces de l’ordre « d’arrêter de tirer sur les Egyptiens ». Malgré les affrontements, le nombre croissant de blessés et les morts, les manifestants sont bien décidés à rester sur la place afin de faire pression sur le Conseil supérieur des forces armées et d'obtenir le transfert du pouvoir vers un gouvernement civil.

Grande manifestation vendredi

Les rues du quartier Ataba, avec ses vendeurs ambulants, ses magasins d’instruments de musique et de meubles semblent bien loin des événements de la place Tahrir. Mais ici tout le monde en parle.

Les Egyptiens partagés sur les élections du 28 novembre

Mardi soir déjà, l’atmosphère était irrespirable. Beaucoup de gens ont été asphyxiés par des gaz lacrymogènes extrêmement toxiques. Et mercredi, la concentration de ces gaz lacrymogènes dans la rue Mohamed Mahmoud était telle que personne ne pouvait plus y pénétrer.

Même des médecins ont été intoxiqués et la police dirige désormais ses tirs directement sur la place, comme un moyen de faire dégager tous les manifestants qui s’y trouvent encore en grand nombre, certains en famille avec des enfants très jeunes. La Coalition des jeunes révolutionnaires a décidé d’appeler à une grande manifestation vendredi 25 novembre, toujours sur la place Tahrir.

Des affrontements ont également été signalés mercredi à Alexandrie, Port-Saïd, Suez, Kena, Assiout et Assouan ainsi que dans la province de Dakahleya, dans le delta du Nil. Parallèlement, un sondage réalisé par l'université américaine du Maryland révèle qu’un peu plus de quatre Egyptiens sur dix pensent que l'armée remet en cause les acquis de la révolution ou ralentit la mise en place des réformes.

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