Togo / Droits de l’homme

Manifestation au Togo pour dénoncer les violations des droits de l’homme

Des policiers togolais, face à une manifestation en novembre 2011.
Des policiers togolais, face à une manifestation en novembre 2011. AFP PHOTO/EMILE KOUTON

Une grande manifestation s’est tenue, le jeudi 12 janvier 2012, à Lomé à l'appel de huit organisations de défense des droits de l'homme (ODDH). Elles réclament la fin de la torture, de l'impunité et des violations des droits de l'homme dans le pays. Des milliers de personnes ont défilé jusqu'à l'esplanade du palais des Congrès où elles ont tenu leur meeting sous le regard des forces de l'ordre déployées en grand nombre.

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En tête de la marche ce jeudi à Lomé, on pouvait voir une grande banderole qui portait « Ça suffit : Sauvons le Togo ». Derrière, d’autres marcheurs étaient munis de pancartes aux slogans hostiles au pouvoir comme « Halte à l’arbitraire », « L’impunité, ça suffit ! ». Ils ont traversé la ville au cours d’une marche qui aura duré plus de deux heures.

Au point de chute sur l’esplanade du palais des Congrès, Zeus Ajavon, du Collectif des associations contre l’impunité au Togo (Cacit déclare : « La violation des droits de l’homme est à un niveau tel que nous n’avons jamais connu cela dans le pays. Le régime en place commet des violations massives. Nous espérions que ça allait s’arranger, mais aujourd’hui nous constatons que la torture devient une chose banale dans le pays et ça devient même une méthode au gouvernement. Non, ça suffit ! ».

A travers cette marche, les manifestants dénoncent notamment les bavures policières, les enlèvements, la vie chère, la fermeture des universités, et Raphaël Kpande-Adzare, président de la Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH) ajoute : « Cette marche a pour souci de nous montrer unis devant ces autorités qui accumulent des richesses, alors que les citoyens togolais croupissent dans la misère. Ca suffit ! ».

Les huit organisations de défense des droits de l’homme (ODDH) demandent à travers leurs recommandations la réouverture des universités, la libération des prisonniers politiques, des mesures immédiates pour juguler les effets de la vie chère, faute de quoi, elles précisent : « Les ODDH se réservent le droit de remobiliser les populations togolaises jusqu’à la satisfaction totale des doléances ».

Un rapport dénonce de nombreux cas de violations

2011, une année sombre pour les droits de l'homme au Togo. Les organisations citent pêle-mêle des cas d'abus policiers, des kidnappings de leaders des mouvements estudiantins, à Kara dans le nord du pays par exemple et surtout des cas de torture.

« Nous avons enregistré pas mal de décès, explique Jil-Benoit Afangbedji, président de l'Acat-Togo (Association des chrétiens pour l'abolition de la torture). Plusieurs personnes ont été retrouvées mortes dans plusieurs postes de police sans oublier également les arrestations arbitraires, les tortures. Plusieurs personnes ont été torturées à l’Agence nationale du renseignement et contre toute attente le responsable de cette agence a été décoré de la Grande Croix du mérite. Nous voulons dire que tout cela ça suffit ».

Les défenseurs des droits de l'homme demandent aujourd'hui au président Faure Gnassingbé de mettre fin à ces violations répétées afin que 2012 ne soit pas comme 2011.

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