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Maroc/Algérie

Première visite à Alger d’un chef de la diplomatie marocaine depuis 2003

Le ministre marocain des Affaires étrangères Saad-Eddine Othmani en visite à Alger, le 24 janvier 2012
Le ministre marocain des Affaires étrangères Saad-Eddine Othmani en visite à Alger, le 24 janvier 2012
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le ministre marocain des Affaires étrangères Saad-Eddine Othmani entame ce lundi 23 janvier une visite de deux jours en Algérie. Il s'agit de la première visite officielle à Alger d'un chef de la diplomatie marocaine depuis 2003. Il doit rencontrer son homologue algérien Mourad Medelci. Il sera aussi reçu par le président de la république, Abdelaziz Bouteflika. Une visite perçue comme historique côté marocain.

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Première visite depuis neuf ans, et premier voyage officiel du tout nouveau ministre marocain des Affaires étrangères. Les symboles sont nombreux, et ce n’est pas un hasard. Les relations entre le Maroc et l’Algérie sont tendues depuis de longues années, essentiellement à cause de leur différend sur le Sahara Occidental. Le Maroc revendique la souveraineté de cette région. L’Algérie, elle, défend son indépendance.

Enfin, la frontière terrestre entre les deux pays est fermée depuis près de 18 ans, et selon des diplomates, les chefs d’Etat des deux pays sont incapables de se parler, voire de se croiser sur un sommet.

Mais ces derniers mois, les signes de réchauffement se sont multipliés. Des délégations des deux pays se sont rendues visite à plusieurs reprises, et le roi Mohammed VI a répété, les mains tendues vers l’Algérie.

Enfin, les autorités algériennes auraient donné leur accord pour que le tour cycliste marocain traverse la fameuse frontière. Une première!

Cette visite signifierait-elle donc qu’on enterre la hache de guerre? C’est ce qu’espèrent les Marocains. Cette quasi guerre froide pénalise l’économie du royaume dépendante du pétrole algérien. Mais elle paralyse aussi, l’UMA, l’Union du Maghreb arabe.

Encore des dossiers en suspens

Officiellement Alger considère que cette visite de Saad Eddine Othmani doit permettre de relancer l’Union du Maghreb arabe, dans la foulée des bouleversements qui ont secoué la région. Et cela, inévitablement par un réchauffement des relations algéro-marocaines.
Alors Alger comme Rabat d’ailleurs, a multiplié les discours apaisants ces derniers mois.

Le président Bouteflika a ainsi déclaré en novembre sa volonté d’un vrai raffermissement des relations avec le Maroc. Mais la question est de savoir si les deux pays parviendront à mettre de côté leurs vieux contentieux.

A Alger, on refuse par exemple de cantonner les discussions sur la réouverture des frontières entre les deux pays, fermée depuis 1994. Le Sahara Occidental reste aussi un sujet de tension. Et puis, il y a la situation des Algériens dépossédés de leurs biens depuis la « guerre des sables » (*) de 1963.

A l’inverse, l’Algérie ne semble pas prête à accepter de faire une place au Maroc dans la coopération régionale contre le terrorisme. Malgré tout, cette visite du ministre de la diplomatie marocaine Saad-Eddine Othmani, est le signe est que les deux pays ont décidé de faire un pas vers l’autre.

 

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(*) Guerre des sables : après de multiples incidents frontaliers entre le Maroc et l'Algérie -le contentieux est hérité de la colonisation française-, les troupes algériennes attaque un détachement des forces armées royales le 8 octobre 1963. Les soldats de l'Algérie indépendante, aidés des Cubains et des Egyptiens, subissent une défaite cuisante qui laissera des traces dans la société.

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