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Sénégal

Sénégal : l’opposition appelle à la «résistance» contre Wade et dépose des recours

Alioune Tine, l'un des leaders du M23, a appelé le président Abdoulaye Wade à ne pas se représenter pour la présidentielle 2012
Alioune Tine, l'un des leaders du M23, a appelé le président Abdoulaye Wade à ne pas se représenter pour la présidentielle 2012 AFP PHOTO/SEYLLOU
Texte par : RFI Suivre
10 mn

L'opposition sénégalaise lance la « résistance » contre Abdoulaye Wade, au lendemain de la validation de la candidature du chef de l'Etat sortant pour la présidentielle. Elle multiplie les recours et pointe déjà du doigt la vague d'arrestations qui a eu lieu au sein du M23, le mouvement du 23 juin, -qui regroupe partis d'opposition et membres de la société civile-, opposé à la candidature de Wade pour un troisième mandat. L'un de ses coordinateurs, Alioune Tine serait actuellement dans les locaux de la police de Dakar, selon l'un de ses avocats.

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C'est par un coup de fil de sa femme le 27 janvier au matin qu'Alioune Tine apprend la venue à son domicile de la DIC, police judiciaire sénégalaise. Huit hommes sont là pour lui notifier qu'il est convoqué à la DIC. Alioune Tine, absent de son domicile, en profite pour rejoindre son avocat Maître Boucounta Diallo.

Dans l'après-midi, les huit policiers à sa recherche débarquent chez l'avocat. Mais la loi est formelle, on ne peut contraindre un individu à exécuter une convocation, en dehors de son domicile. Finalement, en fin d’après-midi, Alioune Tine décide de se rendre de son propre chef à la DIC, mais pour son avocat Maître Boucounta Diallo, cette convocation qui n’est pas motivée, est mal venue :

« Je pense que cela ne peut que davantage aggraver la situation. Si le but escompté est d’intimider Monsieur Alioune Tine, je pense que là on a échoué puisque Alioune Tine est plus que jamais déterminé. L’ensemble du peuple sénégalais est déterminé aussi à empêcher à ce que la Constitution soit violée ».

En début de soirée, plusieurs candidats et personnalités politiques se sont rendus aux abords de la DIC dans le quartier du Plateau à Dakar pour apporter leur soutien à Alioune Tine.

Après les violents incidents de vendredi, le mouvement M23 s'est réuni pour élaborer sa stratégie.

Nous appelons à la résistance contre la forfaiture consistant à valider la candidature de Abdoulaye Wade. Le combat ne fait que commencer. Nous lançons un appel pressant à toutes les organisations politiques, syndicales et à la société civile à prendre part à cette résistance.

Le M23

Dépôt de recours

Les candidats avaient jusqu’à ce samedi minuit pour déposer leurs recours à la décision du Conseil constitutionnel sur la prochaine présidentielle. Plusieurs candidats ont fait la démarche, que leur candidature ait été validée ou invalidée.

Pour Youssou N'Dour, c’est une partie capitale qui s’engage aujourd’hui : réussir à convaincre le Conseil constitutionnel de changer d’avis. Les cinq membres du Conseil ont invalidé sa candidature à la présidentielle au motif que sur les 12 900 électeurs l’ayant appuyée, seuls 8900 ont pu être identifiés et leurs signatures validées. Les avocats du chanteur, dans leur requête rappellent que le Conseil était tenu de s’expliquer sur les raisons pour lesquelles il a rejeté tant de signatures.

Samedi soir, face à ses militants, c'est un homme révolté qui est apparu, en colère contre le rejet de sa candidature.

Tout cela est politique. Maintenant il faut passer à l’acte, montrer que les Sénégalais qui sont avec moi sont déterminés à ne pas se faire confisquer le pouvoir (...) Je n'ai jamais appelé à la violence, mais je vous dis, je ne contrôle plus mes militants.

Youssou N'Dour

L’universitaire Amsatou Sow Sidibé, de son côté, fait partie des opposants à Wade qui ont déposé des recours contre sa candidature. Elle rappelle, dans sa requête, le contenu des articles 27 et 104 de la Constitution qui limitent le nombre de mandats à deux et selon elle, applique cette limitation au premier mandat d’Abdoulaye Wade.

Dans cette bataille juridique, le camp présidentiel, enfin, a lui aussi introduit un recours, contre trois candidats : Macky Sall, Idrissa Seck, Cheikh Tidiane Gadio. Le texte affirme qu’en dépit de la déclaration sur l’honneur qu’ils ont signée, ces candidats ne sont pas en règle avec l’administration fiscale. Selon cette requête, il faut soit qu’ils présentent des justificatifs, soit que leur candidature soit déclarée irrecevable.

Sur le plan diplomatique

C’est une information RFI : au moment où les recours vont commencer à être examinés, la mission d’observation électorale de l’Union européenne au Sénégal a souhaité rappeler au Conseil constitutionnel sénégalais certaines de ses obligations : offrir un véritable droit de recours aux candidats écartés du processus, et motiver ses différentes décisions. Des obligations que le Conseil n’a pas tout à fait respectées pour l’instant selon Thijs Berman, le chef de sa mission :

Chaque candidat doit avoir droit à un recours effectif contre une décision défavorable(....). Chaque candidat, mais aussi chaque citoyen sénégalais a le droit de savoir toutes les motivations, toutes les raisons qui ont mené à cette décision définitive. Ce n’est qu’en comprenant la motivation du Conseil constitutionnel que l’on pourra accepter cette décision, que l’on pourra commencer la phase électorale réelle.

Thijs Berman

Face à ce problème épineux, la France a également réagi. Prudente, elle appelle à l'impartialité et à la retenue, comme l'explique Bernard Valéro, le porte parole du Quai-d'Orsay.

La France réitère son attachement au droit de manifester pacifiquement, à la liberté d'expression et à la tenue dans les délais prévus d'élections présidentielles transparentes et honnêtes.

Bernard Valéro

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