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MADAGASCAR

A Madagascar, les magistrats reconnaissent des cas de corruption dans la justice

Texte par : RFI Suivre
3 mn

A Madagascar, les magistrats font leur mea culpa. Ils s’engagent à lutter contre la corruption au sein de leur corps. C’est l'une des résolutions prises à l’issue, vendredi 10 février, des assises nationales qui se sont tenues durant trois jours à Antananarivo. Trois jours de discussions sur le thème de l’Etat de droit et le fonctionnement de la Justice qui font suite à la mort il y a deux mois d’un magistrat violenté par des policiers dans le sud-ouest de l’île.

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« L’Etat de droit (…) se trouve violé d’une façon généralisée à Madagascar. » C’est sur ce constat amer que commence le préambule des résolutions prises à l'issue des trois jours d'assises nationales organisées par le Syndicats des magistrats de Madagascar (SMM) et auxquelles ont pris part la société civile, l’exécutif, les avocats ou encore les journalistes.

Les magistrats assument leur part de responsabilités. « On accepte de dire qu’effectivement il y a eu des imperfections, des erreurs, dans le comportement des magistrats ou à travers les décisions rendues, indique Arnaud Marius Auguste, président du SMM. Nous sommes conscients aujourd'hui qu’il est temps de changer tout cela. »

A l’origine de ces grandes réflexions, il y a un événement tragique : la mort d’un magistrat violenté par des policiers dans le sud-ouest de l’île, à Tuléar. S’en sont suivis deux mois de grève dans les tribunaux de toute l’île, et l’organisation de ces assises pour réfléchir sur le système actuel et l’indépendance de la justice.

Les magistrats s’engagent entre autres à dénoncer les cas de corruption parmi leurs collègues ou leurs supérieurs, et à accepter les sanctions en cas de faute grave.

Des vœux pieux ? Le général Rabetrano, directeur du bureau indépendant anticorruption, veut y croire : « Les assises sont conformes à notre souhait, on verra bien, mais ce qu’ils ont dit c’est une déclaration prescrivant de très bonnes intentions à mon avis. Donc on verra. »

Les magistrats exigent aussi plus d’indépendance vis-à-vis de l’exécutif, en particulier du ministre de la Justice, qui assure que des réformes pourront avoir lieu, mais après les élections.

Et après deux mois de grève, les magistrats ont décidé une reprise au moins partielle du travail à partir du 20 février.

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