LIBYE / NIGER

En Libye, les habitants de Misrata en colère après les propos du fils Kadhafi

Le Libyen Saadi Kadhafi est réfugié au Niger depuis août 2011.
Le Libyen Saadi Kadhafi est réfugié au Niger depuis août 2011. REUTERS/Tim Wimborne

En Libye, les autorités de transition ont demandé une nouvelle fois à Niamey d’extrader Saadi Kadhafi. Une requête qui intervient après l’interview téléphonique à la chaîne Al Arabia de Saadi Kadhafi, l’un des fils du guide défunt, depuis le Niger où il avait fui en septembre. Dans cette interview, Saadi se déclare prêt à revenir en Libye pour prendre la tête d’une contre-révolution. En Libye, le chef d’Etat-major des armées avait déclaré en début de semaine qu’il n’était pas impossible que les partisans de Kadhafi organisent des attaques à l’occasion du premier anniversaire de la révolution du 17 février. Dans les rues du Misrata, où des centaines de personnes sont tombées sous les balles des loyalistes durant la phase des combats, les habitants ont peu goûté les déclarations du fils Kadhafi.

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Lorsqu’un membre de la famille Kadhafi se rappelle au bon souvenir des Misrati, cela réveille forcément la colère des habitants de Tripoli street. Tous les immeubles de cette longue artère ont été éventrés par des obus et perforés par les snipers pro-Kadhafi.

« Il faut vraiment l’exterminer ce gars, c’est un rat ! Mais ni lui ni les autres ne peuvent nuire à notre révolution du 17 février », s'exclame Mohammed Boujbira, retraité, et dont les quatre enfants ont pris part aux combats.

Vêtu d’un long pardessus, Ali bachir Ashiniba, le directeur du musée des martyrs de Misrata, se moque aussi de Saadi Kadhafi : « Saadi ne tiendra jamais sa parole, il en est incapable. Son père a mobilisé 18 000 soldats rien que pour le siège de Misrata, et nous les avons vaincu. Il ne pourra pas faire mieux que son père ! Cela dit, avec l’autorisation des autorités du Niger, nous, on veut bien envoyer quelques gars de Misrata pour aller chercher Saadi et s’occuper de lui. »

De son côté, Mohammed Mouftar Tanashi, qui est membre d’une unité du ministère de l’Intérieur, prend au sérieux la menace d’une contre-révolution : « Nous avons un problème avec la ville de Syrte où la majorité des habitants soutient encore Kadhafi. Ils cachent des armes et font peser une menace sur la sécurité de la ville. » A Syrte, l’unité de Mohammed a récemment fait la découverte de caches d’armes de loyalistes dans des fausses tombes et des citernes à eau.

Enquête ouverte au Niger sur l’interview du fils Kadhafi

Depuis son arrivée au Niger, Saadi Kadhafi vit en résidence surveillée, dans une somptueuse villa des hôtes de marque, non loin du palais présidentiel. Une villa surveillée en permanence par des gendarmes et où les usagers n’ont pas droit de garer leur véhicule. C’est de cette résidence, avec une vue sur le fleuve Niger, que Saadi Kadhafi a pu accorder un entretien téléphonique à la chaîne de télévision al-Arabiya.

En agissant ainsi, selon le ministre porte-parole du gouvernement Morou Amadou, Saadi Kadhafi viole ainsi les conditions de son accueil inter-nigériennes : « Par cet acte, je dois dire que Saadi a violé les conditions de son accueil, et on peut également dire que ça a été une faiblesse de la surveillance de ce monsieur, qui bel et bien, était sous bonne surveillance. Contre cet acte, les mesures ont été d’ores et déjà prises par le gouvernement, pour que plus jamais cela ne se répète ». Et pourtant, le fils Kadhafi ne manquait de rien dans cette villa. Une enquête a été ouverte, pour savoir comment a-t-il pu facilement communiquer avec l’extérieur.

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