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Sénégal / Présidentielle 2012

Présidentielle au Sénégal: l'opposition table sur un second tour

Au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle sénégalaise, la presse commente le scrutin qui s'est déroulé dans le calme.
Au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle sénégalaise, la presse commente le scrutin qui s'est déroulé dans le calme. Reuters/Youssef Boudlal
Texte par : RFI Suivre
14 mn

L'heure est à la compilation des résultats après le premier tour de la présidentielle au Sénégal qui opposait le président sortant Abdoulaye Wade à treize autres candidats. Avant les premiers résultats partiels, plusieurs responsables politiques et candidats ont déjà commenté cette journée d’élection, qui s’est déroulée globalement dans le calme. Plusieurs adversaires du président sortant se disent déjà certains qu'il y aura un second tour. 

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Nombreux sont ceux qui craignaient de voir le Sénégal secoué par une vague de violence, au jour du vote pour le premier tour d’une élection présidentielle qui a créé une sérieuse fracture entre le président sortant, Abdoulaye Wade, et ses opposants. Ces derniers estimant qu’après deux mandats, il n’aurait pas dû pouvoir se présenter, et qu’à 85 ans, il est trop vieux pour gouverner.

Mais la journée a été calme, à Dakar et dans le reste du pays. Et c’est ce dont se félicite
Doudou Ndir, le président de la Commission électorale nationale autonome (Céna). Dans une déclaration dimanche soir, il a adressé ses compliments aux Sénégalais « qui sont allés voter dans le calme et la discipline », lors d’un « grand jour pour le Sénégal ».

Les électeurs sénégalais ont prouvé leur maturité et leur confiance au processus électoral

Doudou Ndir, président de la Commission électorale nationale autonome (Céna)

De son côté, l’ancien Premier ministre et candidat Moustapha Niasse, a estimé qu’il disposait de « premières tendances », qui, si elles se confirmaient, amèneraient, selon lui, à un second tour : « Le meilleur scénario pour faire barrage à Abdoulaye Wade».

Abdoulaye Wade ne peut pas obtenir la majorité au premier tour.

Moustapha Niasse, candidat à l'élection présidentielle

Pour sa directrice de campagne, Cathy Sissé Wone, « la participation n'est pas très élevée au regard des enjeux», et ce, alors que « l'électorat a été un peu dérouté en raison des messages contradictoires des trois derniers jours, et des fissures au sein du M23 », le mouvement réunissant plusieurs formations d’opposition au président sortant.

Dans le camp de Macky Sall, l'optimisme était de mise. Jean-Paul Dias, le conseiller spécial et politique de l'opposant, s'est dit quasiment sûr que Macky Sall sera présent au second tour. Macky Sall, lui même, a évoqué un second tour « inévitable ».

Les chiffres en notre possession indiquent qu'un second tour est inévitable.

Macky Sall, candidat de l'opposition à la présidence sénégalaise


Plutôt optimiste aussi, Serigne Mbaye Thiam, le directeur de campagne de la coalition Benno ak Tanor, qui soutient la candidature d’Ousmane Tanor Dieng, a noté que « c'est la première fois qu'un président ne fait pas de déclaration après avoir voté ». Le chef du parti socialiste, Ousmane Tanor Dieng, reconnaissait de son côté avoir réalisé un mauvais score mais reconnaissait une campagne inédite focalisée sur l'invalidation de la candidature d'Abdoulaye Wade.

En cas de deuxième tour, la position de principe est de soutenir le candidat de l'opposition le mieux placé : ça, c'est la position de principe.

Ousmane Tanor Dieng, candidat de la coalition Benno ak Tanor

 

Notre dossier

Cheikh Sarr, directeur adjoint de campagne de la même coalition, a souligné que « pour la première fois je vois un président sortant hué [Le chef de l'État a voté sous les huées de ses opposants et les encouragements de ses partisans, NDLR], donc humilié. C'est très grave ». Selon lui, « les Sénégalais ont manifesté ainsi leur ras-le-bol. Ce comportement est représentatif de ce qui se passe dans le pays ».

Du côté de l’équipe d’Abdoulaye Wade, Abdou Aziz Sow, ancien ministre de la Communication, a refusé de faire un quelconque pronostic, et s'est contenté de saluer « une première victoire, celle de l'organisation d'élections libres, transparentes ».

Il n'y a pas deux jours, on ne donnait pas cher de la peau du Sénégal.

Abdou Aziz Sow , membre de l'équipe de campagne d'Abdoulaye Wade

Abdoulaye Wade devrait faire une déclaration à la presse ce lundi à Dakar, au lendemain du premier tour de la présidentielle. En attendant, l'émissaire de l'Union africaine et de la Cédéao, l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, qui a négocié avec les différents protagonistes de la crise sénégalaise, assure que le président Abdoulaye Wade est un démocrate qui acceptera le verdict des urnes.

Il y a des gens qui insinuent que le président Wade n'acceptera pas le verdict des urnes, mais pourquoi n'accepterait-il pas ? Bien sûr vous ne pouvez jamais dire qu'une élection où quel que soit le pays dans lequel elle est organisée, est parfaite. L'erreur est humaine. Mais ce scrutin s'est plutôt bien passé à tous points de vue. Alors pour quelle raison, quelqu'un qui est un démocrate, qui s'est soumis au verdict des urnes refuserait d'accepter le verdict des urnes ?

Olusegun Obasanjo, ex-président nigérian, chef des observateurs de l'Union africaine

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