Côte d'Ivoire / Justice internationale

Des experts de la CPI enquêtent sur les massacres perpétrés dans l’ouest de la Côte d’Ivoire

Des membres de la Croix-Rouge en Côte d'Ivoire ramassent des cadavres à l'ouest d'Abidjan, le 4 mai 2011.
Des membres de la Croix-Rouge en Côte d'Ivoire ramassent des cadavres à l'ouest d'Abidjan, le 4 mai 2011. AFP PHOTO/ SIA KAMBOU

En Côte d'Ivoire, les enquêteurs de la Cour pénale internationale se sont rendus dans l'ouest du pays, là où les forces loyales à Alassane Ouattara sont accusées par de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme d'avoir commis plusieurs massacres pendant la crise post-électorale. Les experts en médecine légale sont allés repérer les charniers éventuels dans cette zone des fosses communes signalées par les populations, et souvent citées dans des rapports de défenseurs des droits de l'homme. Notre correspondante en Côte d'Ivoire a pu les suivre. C'est une exclusivité RFI et France 24.

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L'équipe d'experts s'est appuyée sur plusieurs technologies pour cette mission d'exploration. Une sonde archéologique d'abord qui, une fois enfoncée dans le sol, permet de détecter des obstacles. L'odeur à l’extrémité de la sonde permet ensuite de deviner la présence de corps en putréfaction. Cet outil a déjà fait ses preuves lors d'autres enquêtes de la Cour pénale internationale, à Bangui en Centrafrique notamment.

Dans l'ouest ivoirien, les scientifiques se sont aussi appuyés sur un drone : les images captées par l'engin aérien offrent une vue d'ensemble des scènes de crime - on peut ainsi noter les différences de densité de la végétation - ou encore détecter des pierres placées autour d'un monticule de terre : autant d'indices pour identifier des fosses communes. Ces charniers présumés ont tous été minutieusement mesurés et dessinés, les coordonnées GPS sont aussi enregistrées.

Pour le moment, aucune exhumation ni prélèvement n'ont été effectués, mais parfois il a suffi aux enquêteurs de se baisser pour trouver des ossements humains, probablement déterrés par des animaux. Tous ces éléments ont été photographiés par un expert ; les conclusions de l'équipe scientifique seront rapidement remises au procureur de la Cour pénale internationale.

Réactions de la population

A Duekué, les enqueteurs ont trouvé suffisamment d'éléments pour confirmer l'hypothèse de charniers.Les experts scientifiques attendent que le procureur de la CPI decide d'une exhumation. La population n'est pas restée indifférente à toutes ces démarches.

Réactions de la population

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