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Algérie / France

Algérie : les 50 ans des accords d’Evian

Une jeune femme montre à Paris le 26 mars 1962 deux bulletins «oui» et «non» entre lesquels les électeurs auront à choisir lors du référendum d'autodétermination approuvant les accords d'Evian .
Une jeune femme montre à Paris le 26 mars 1962 deux bulletins «oui» et «non» entre lesquels les électeurs auront à choisir lors du référendum d'autodétermination approuvant les accords d'Evian . AFP
Texte par : Ursula Soares
12 mn

Il y a 50 ans, le gouvernement français et le Front de libération nationale algérien (FLN) signaient les accords d’Evian, marquant la fin de huit ans de guerre en Algérie et le prélude à l’indépendance. Cinquante ans après, les souvenirs d’Algérie hantent toujours la vie de nombreux rapatriés. De leur côté, les harkis et leurs enfants n’ont rien oublié de ce qui leur a été infligé.

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Les accords d’Evian ont été arrachés aux forceps, après deux années de contacts secrets et d’âpres négociations qui ont butté notamment sur le sort du million d’Européens, soit 10 % de la population totale de l’Algérie – le pays ayant vécu 132 ans de colonisation française.

Le 18 mars 1962, un texte est finalement signé par Louis Joxe, ministre français chargé des affaires algériennes et Krim Belkacem, colonel de l’Armée de libération nationale, au nom du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA).

Ces accords prévoient un cessez-le-feu qui entre théoriquement en vigueur le lendemain de la signature, à savoir le 19 mars, mais il reste lettre morte. Avec l’entrée dans la clandestinité des radicaux de l’Organisation de l’armée secrète (OAS) pour garder « l’Algérie française », les attentats se multiplient sur le territoire algérien et en métropole.

A compter du 19 mars, le FLN est considéré comme une formation politique légale et les forces françaises doivent, quant à elles, réduire leurs effectifs progressivement.

Les accords d’Evian prévoient également l’organisation d’un référendum d’autodétermination qui aura lieu le 8 avril en France et le 1er juillet en Algérie. Ils seront approuvés par 90,7 % des Français et par 99,7 % des Algériens. Ces deux référendums permettent de ratifier l’indépendance du pays, le 5 juillet.

Rester français ou devenir algérien

En vertu des accords d’Evian, les Européens restés en Algérie se voient sommés de décider dans les trois ans, de rester français ou devenir algériens. Il est également stipulé que nul ne pourra faire l’objet de sanctions ou de discrimination en raison d’actes commis avant le cessez-le-feu. Selon le texte, aucun Algérien ne peut être contraint à quitter le territoire et la protection des biens est également garantie.

Mais ce qui devait être la paix, ne sera en fait, qu’une paix théorique. L’OAS redouble de violence ; les attentats se multiplient jour et nuit et l’Organisation de l’armée secrète bascule dans une sauvagerie aveugle, tuant des Algériens mais aussi des gendarmes et CRS français.

Face à la violence des ultras de l’OAS français, la fusillade de la rue d’Isly, le 26 mars, marque un tournant. Des gendarmes tirent sur une foule énorme et désarmée de civils. Plusieurs dizaines de morts sont comptés. Pour beaucoup, ce jour donne le signal de l’exil à ceux qui n’avaient pas encore voulu envisager le départ.

Regard de pieds-noirs sur les accords d'Evian, 50 ans après

Dans les jours qui suivent, les Français d’Algérie -pieds noirs - font leurs bagages et embarquent, par centaines de milliers, pour la France, en bateau ou en avion, laissant derrière eux, quelque 200 000 compatriotes alors qu’ils étaient un million auparavant.

En reportage à Carnoux, dans le sud de la France, RFI a recueilli le témoignage de Pierre Massia, 83 ans. Il revient aux accords d’Evian et parle « d’une mascarade ».

  

Il a fallu qu’on se sauve parce que c’était la valise ou le cercueil

Pierre Massia, pied-noir

  

De Gaulle nous a trompés.

Jacqueline Massia

                                      

Les harkis, les oubliés des accords d’Evian

Pour les harkis les «supplétifs de l’armée française», les accords d’Evian représentent d’abord le cessez-le-feu mais ils représentent aussi, dans leur mémoire collective, l’acte de trahison parce qu’il y a eu des massacres.

Regard de harkis sur les accords d'Evian, 50 après

 

Des milliers d’entre eux, fidèles à la France, avaient été abandonnés, sous le regard et parfois les larmes de militaires français qui avaient reçu l’ordre de rester passifs. Des milliers de ceux qui n’avaient pu être emmenés en France ont été tués. Cette question empoisonne, 50 ans plus tard encore, les rapports algéro-français. A Mas Thibert, près d’Arles, dans le sud de la France, Mohamed Otsmani, fils de harki, insiste sur le travail de mémoire.

  

La mémoire s’inscrit dans la reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français, pendant et surtout après les accords d’Evian

Mohamed Otsmani, fils de harki

                               

 

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