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Guinée Bissau / Angola

La mission militaire angolaise déclenche une crise politique en Guinée-Bissau

Le Premier ministre bissau-guinéen, Carlos Gomes Junior, devant l'assemblée générale des Nations unies, le 24 septembre 2011.
Le Premier ministre bissau-guinéen, Carlos Gomes Junior, devant l'assemblée générale des Nations unies, le 24 septembre 2011. ONU
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Des manifestants répondant à l'appel de l'opposition bissau-guinéenne se sont regroupés ce 4 avril devant l'ambassade d'Angola à Bissau. Les manifestants scandaient des slogans hostiles aux soldats angolais présents sur le territoire au titre de la coopération militaire dont ils exigent le départ. La crise entre la mission angolaise d'assistance technico-militaire et l'armée bissau-guinéenne prend désormais des tournures politiques. Elle divise le gouvernement et l'armée. L'opposition soutient la décision de l'armée qui exige la révision de la coopération militaire entre Bissau et Luanda.

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Ils étaient quelques centaines devant la mission diplomatique angolaise pour exiger le départ des soldats angolais. « Nous manifestons pour exiger le départ du contingent angolais de la Guinée-Bissau », explique Fernando Mansonts, responsable de la jeunesse du Parti africain pour l’indépendance et le développement (PRID), une formation dans l’opposition.

Cette manifestation a eu lieu au lendemain de l’arrivée à Bissau du ministre angolais de la Défense, Cândido Pereira Van-Dúnem, porteur d’un message du président José Eduardo dos Santos. Le contenu du message n’a pas été révélé mais selon une source proche du dossier, il s’agit du départ du contingent angolais basé à Bissau dans le cadre d’une mission technique d’appui à la réforme dans le secteur de la défense et de la sécurité.

Ce contingent est aujourd’hui au cœur d’une polémique entre l’armée et le gouvernement. L’armée guinéenne souhaite son départ alors que le gouvernement accuse certains politiciens d’être derrière cette agitation. Carlos Gomes Junior, Premier ministre sortant, candidat du parti au pouvoir : « A cause de faux politiciens, un émissaire du président de l'Angola est venu nous dire que malheureusement le contingent angolais s'en va. Tout cela est l'oeuvre de politiciens sans cervelle, sans programme, qui veulent à tout prix déstabiliser la Guinée-Bissau.»

Le gouvernement angolais a investi plus de 300 millions de dollars dans le secteur minier et pris en charge la réhabilitation et l’équipement de plusieurs casernes. Avec le départ des Angolais, ce sont tous ces projets qui tombent à l’eau.

La mort du président bissau-guinéen Malam Bacaï Sanha en janvier 2012 à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, a entraîné des élections anticipées. Le premier tour de la présidentielle en mars a donné lieu à de multiples contestations et la tension monte à l'approche du second tour prévu le 22 avril.

Selon l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), l'armée bissau-guinéenne demande le retrait de la mission militaire angolaise du pays, car elle redoute de voir le candidat arrivé en première position au premier tour, Carlos Gomes Junior (49% des voix) se constituer une garde personnelle à partir des éléments angolais.

L'armée bissau-guinéenne a une réputation d'être une armée aguerrie. Elle est sortie victorieuse de la guerre d'indépendance contre les Portugais  (1963-1974) et de celle contre le Sénégal (1998-1999). Elle ne voudrait pas se voir écartée des arcanes du pouvoir.

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