Accéder au contenu principal
Cinéma / 65e Festival de Cannes

Un «printemps africain» au Festival de Cannes 2012 ?

"Les Cheveaux de Dieu" de Nabil Ayouch.
"Les Cheveaux de Dieu" de Nabil Ayouch. Festival de Cannes 2012

Dans les différentes sélections de cette 65e Festival de Cannes, qui s'ouvre ce mercredi 16 mai, s'affichent cinq films africains. Des réalisateurs venus d’Egypte, d’Algérie, du Maroc et du Sénégal. C’est Yousry Nasrallah, né au Caire en 1952, qui concourt pour la Palme d’or avec une œuvre habitée de sentiments révolutionnaires. Après la bataille sera projeté en première mondiale ce jeudi 17 mai sur la Croisette.

Publicité

Un, deux, trois, quatre, cinq films venus d’Afrique, est-ce beaucoup ou pas assez pour le plus grand festival au monde ? Chacun des films présentés apportera la réponse. Personne ne saura combien de films africains se retrouvaient parmi les 1 779 films soumis à la sélection qui n'en a au final retenu que 38. Les responsables du festival refusent de donner des informations concernant le nombre de films candidats réalisés par un pays ou un continent : « Ce n’est pas dans l’intérêt du cinéma ».

Pourtant, tout le monde reconnaît que le cinéma africain a donné au Festival de Cannes des chefs d’œuvres : Yeelen de Souleymane Cissé remporta le prestigieux prix du Jury en 1987, comme le Tchadien Mahamat-Saleh Haroun avec Un homme qui crie, en 2010. A l’époque, cela faisait treize ans qu’un réalisateur de l’Afrique sub-saharienne n’avait pas été en lice pour la Palme d’or. Dans la même année il y avait le controversé Hors-la-Loi (Algérie) de Rachid Bouchareb et Le Secret de Chanda du Sud-Africain Oliver Schmitz. L’année dernière le cinéma africain avait connu à nouveau une traversée du désert cinématographique.

Une édition 2012 prometteuse ?

Cette édition 2012 s’annonce prometteuse : Yousry Nasrallah aspire avec Après la bataille à la Palme d’or. Un film engagé en faveur de la révolution égyptienne, une œuvre qui parle du sentiment révolutionnaire et confirme en même temps la pérennité de la domination du cinéma égyptien dans le monde arabe. Dans la sélection officielle Un certain regard figure La Pirogue du Sénégalais Moussa Touré et Les Chevaux de Dieu du Marocain Nabil Ayouch.

La Quinzaine des réalisateurs a elle sélectionné le long métrage Le Repenti de l’Algérien Merzak Allouache et le court métrage du Marocain Fyzal Boulifa.

Est-ce que le cinéma africain est suffisamment représenté à Cannes ?

« Un festival n’est pas un catalogue, remarque le producteur et ancien responsable de Studio Canal, Frédéric Sichler, qui a dirigé pendant deux ans les affaires de cinéma du prince saoudien Al Walid au Caire et anime actuellement deux sociétés de production et de distribution qui s’occupent de films arabes. Un festival n’est pas un grand magasin de cinéma. Un festival a une politique artistique, et cela est avant tout axé sur les films et les talents, poursuit Sichler. Les sélections de Cannes sont exemplaires à cet égard. On peut poser la question en sens inverse : Est-ce qu’il y avait d’autres films qui auraient mérité à être sélectionnés dans la compétition officielle dont on pourrait dire qu’ils ont été ostracisés ? Absolument pas. »
 
«Un message d'espoir»

La présence de trois films maghrébins représente pour le réalisateur Kamal El Mahouti un événement considérable : « C’est très positif. Du coup, ce regard, ces histoires, ces personnages sont représentés en section officielle dans le plus grand festival du monde ! C’est absolument fabuleux pour la dynamique du cinéma maghrébin. C’est aussi une manière de soutenir les politiques qui financent ces films-là, au Maroc ou en Algérie, continue El Mahouti qui est aussi responsable du Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient à Paris. Cela veut dire qu’aujourd’hui, à Cannes, on laisse la place à des auteurs de ces pays. C’est un formidable message envoyé au monde et au monde arabe. Cela veut dire, quand une histoire vous touche, elle peut être représentée. C’est un message d’espoir. »

La présence de ces films dans le plus prestigieux festival au monde tranche avec la situation sur place en Afrique où le piratage et une absence de réglementation ont conduit à un effondrement de la production cinématographique dans beaucoup de pays. Pour Kamal El Mahouti, il n’y a aucun doute : il n’y a pas de «printemps africain» en vue à Cannes. Il ne s'agit pas de laisser au cinéma africain ou maghrébin la place qu'il mérite ; ce sont les grands talents venus de l’autre côté de la Méditerranée qui se sont imposés d'eux-mêmes. « Ce sont les auteurs qui se sont imposés à Cannes ! Le Festival de Cannes ne fait pas de cadeaux ! Les programmateurs sont dans des logiques que je ne connais pas et que je ne comprends pas bien, mais en tout cas, cette année, ces films maghrébins se sont imposés à eux. Je m’en réjouis.»

Au final, le Festival de Cannes fera triompher (ou pleurer) des réalisateurs et non pas le cinéma d’un pays ou d’un continent.

NOTRE DOSSIER SPECIAL

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.