Mali / Aide humanitaire

La difficulté d’accéder aux populations déplacées du nord du Mali

Manifestation de populations originaires du nord du pays, à Bamako le 10 avril 2012 pour exiger la libération des villes du nord (Gao, Tombouctou, Kidal) occupées par les rebelles.
Manifestation de populations originaires du nord du pays, à Bamako le 10 avril 2012 pour exiger la libération des villes du nord (Gao, Tombouctou, Kidal) occupées par les rebelles. REUTERS/Joe Penney

L’Organisation internationale des migrations (OIM) cherche à secourir les personnes déplacées, au nord du Mali. Depuis fin mars et début avril, cette zone de conflit est sous contrôle de groupes armés dominés par al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). La région est de plus en plus difficile d’accès ; l’OIM cherche à mettre en place des corridors humanitaires.

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Des milliers de civils maliens sont bloqués dans cette zone du nord du Mali, «prisonnières et sans aide adéquate », selon le communiqué de l’organisation. L’OIM précise que ces groupes de déplacés internes, particulièrement « vulnérables », sont regroupés dans les trois régions administratives du nord, à savoir Gao, Kidal et Tombouctou. Ils manquent de tout ; d’une assistance alimentaire mais aussi d’abris, de couvertures et de médicaments. L’OIM souligne aussi qu’elle travaille avec notamment la Croix-Rouge malienne, l’Association des municipalités du Mali (AMM) et la Protection civile malienne pour parvenir à secourir toutes ces personnes.

Un habitant de Gao, joint par RFI, ce jeudi 24 mai, dit attendre avec impatience l’aide extérieure tout en invitant les différents groupes armés à desserrer l’étau. En effet, les entraves à l’acheminement de l'aide humanitaire dans cette région sont encore très nombreuses, ainsi que le souligne, sur RFI, Rémi Dourlot, chef du Bureau régional des Nations unies pour la coordination des Affaires humanitaires (Ocha).

Le problème est d’accéder aux populations du nord, en général.

Rémi Dourlot, chef du Bureau régional d'Ocha.

 
Jusqu’à présent et pour la première fois, depuis le début de la crise au nord du Mali, un important convoi d’aide humanitaire a rejoint, la semaine dernière, les villes de Tombouctou, Gao et Kidal. Un convoi de 200 tonnes, mis en place par la Croix-Rouge du Mali et sécurisé par le groupe islamiste Ansar Dine (« Défenseurs de l’islam », en arabe).

L’OIM a entre-temps appelé à un financement urgent de 3,5 millions de dollars pour assister les personnes déplacées mais aussi pour venir en aide aux communautés d’accueil. Ces dernières sont également touchées par le conflit et par la sécheresse. Les ressources dont elles disposent sont déjà très limitées et l’arrivée de ces familles maliennes les « épuisent » davantage.

Selon les dernières estimations du Bureau des Nations unies pour la coordination des Affaires humanitaires (Ocha), l’instabilité qui règne dans la région a provoqué le déplacement de près de 200 000 réfugiés dans des pays voisins et environ 147 000 déplacés à l’intérieur du Mali.

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