Mauritanie

Mauritanie: adoption d’un décret portant création d’un Haut conseil de la fatwa

Mohamed Ould Abdel Aziz, le président de la Mauritanie
Mohamed Ould Abdel Aziz, le président de la Mauritanie Watt Abdel Jelil / AFP

Le Conseil des ministres de la Mauritanie a adopté jeudi 24 mai un décret portant création d'un conseil chargé d'émettre des fatwas, des avis juridiques donnés par des spécialistes de la loi islamique. Cette annonce intervient un mois après la polémique suscitée par le président de l'association anti-esclavagiste IRA, Birame ould Abeid, qui avait brûlé des livres religieux, accusant leurs auteurs de justifier la pratique de l'esclavage.

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Au lendemain du geste polémique de Biram ould Abeid, le président Ould Abdelaziz avait, par deux fois, vivement condamné cet acte contraire, selon lui, aux valeurs de l'Islam. Il avait notamment réaffirmé que la Mauritanie est « un Etat islamique et non laïc », et promis que « les pouvoirs publics se saisiraient de l'affaire ».

Après plusieurs rencontres du président avec des responsables religieux au cours du mois dernier, le Conseil des ministres a décrété jeudi la création d'un Haut conseil de la fatwa et des recours gracieux. Ce conseil, composé de neuf érudits en poste pour deux ans, sera placé sous la tutelle directe du chef d'Etat et son président aura rang de ministre.

Selon les autorités, sa mission sera d'émettre des fatwas, c'est-à-dire, des avis juridiques religieux, dans le respect du rite malékite, mais aussi « de résoudre tous les contentieux qui ne sont pas en cours de traitement par la justice ou le médiateur de la République ». Un conseil qui pourrait donc avoir une influence certaine sur la vie quotidienne des Mauritaniens, mais ne devrait pas se prononcer sur l'affaire des livres brûlés, puisque Biram ould Abeid et neuf autres militants sont déjà entre les mains de la justice, inculpés de « violation des valeurs islamiques du peuple mauritanien ».

Le 27 avril dernier, ces militants de l'association anti-esclavagiste IRA avaient brûlé des livres de jurisprudence du rite malékite, dont les auteurs, selon eux, justifient religieusement la pratique de l'esclavage. Les dix hommes sont « toujours incarcérés malgré l'échéance du délai de leur garde à vue », précise leur avocat.

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