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RDC

Après la prise de plusieurs localités, les mutins du M23 veulent négocier

Le colonel Sultani Makenga (assis), le leader du M23, près de la frontière ougandaise, le 8 juillet 2012.
Le colonel Sultani Makenga (assis), le leader du M23, près de la frontière ougandaise, le 8 juillet 2012. REUTERS/James Akena
Texte par : RFI Suivre
8 mn

La ville de Rutshuru, dans l'est de la République démocratique du Congo, est tombée, dimanche 8 juillet au matin, aux mains des mutins du Mouvement du 23 mars (M23) sans un seul coup de feu. Les forces armées congolaises avaient fui la ville quelques heures auparavant. Cette prise sans violence constitue un revers pour le gouvernement de RDC, qui avait décidé de lancer une offensive, ce jeudi, contre le M23. Les mutins assurent ne pas vouloir rester à Rutshuru et réclament des négociations avec Kinshasa, la capitale.

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Les uns se sont repliés, les autres sont arrivés. Après le départ des Forces armées congolaises (FARDC) de Rutshuru, les hommes du colonel Sultani Makenga y sont entrés 48 heures après avoir conquis Bunagana à la frontière ougandaise, en riposte à une offensive des FARDC.

Interrogé par l'Agence France-Presse (AFP), le colonel Makenga a assuré que ses hommes ne resteront pas à Rutshuru et qu'ils quitteront le chapelet de villes conquises en deux jours, à l'exception de Bunagana, jugée trop proche des positions du M23.

« Nous allons nous retirer et les laisser à la Monusco (Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC, ndlr) et à la police nationale. Mais nous allons garder Bunagana parce que nous devons éloigner nos ennemis de nos positions », a-t-il précisé.

« C'est le gouvernement de Kinshasa qui détermine s'il veut la paix, s'il veut cesser de nous combattre. S'ils veulent la guerre, ils continueront à nous attaquer et nous les poursuivrons », a-t-il ajouté.

Nous sommes là, nous sommes chez nous, nous avons des armes dont le gouvernement nous a dotés, nous avons une capacité supérieure

Vianney Kazarama

Les mutins, dont les cadres ont été exclus ce samedi de l'armée, affirment vouloir négocier avec le gouvernement et disent ne pas avoir l'intention de descendre vers Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.

A les écouter, leur objectif serait d'obtenir l'application des accords de 2009, entre l'ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et le gouvernement central. A Kinshasa, une source officielle, qui préfère rester anonyme, affirme qu'il n'est pas question de négocier avec le M23. Le gouvernement, pour sa part, accuse le Rwanda voisin de prêter main forte aux mutins et le tient pour responsable des victimes des combats dans le Nord-Kivu.

Dimanche soir, la ville de Rutshuru était calme. Des patrouilles de soldats mutins sillonaient les rues et tentaient de tranquiliser une population traumatisée. Une partie des habitants de Rutshuru a préféré fuir vers les villages voisins.

Dans la ville, il y a les gens du M23 qui circulent, qui surveillent, qui voient le mouvement, mais calmement

Un habitant de Rutshuru

Les rebelles ont pénétré dans la cité de Kiwanja, dimanche, en fin d’après-midi. Leur présence aurait permis d’arrêter les pillages. Certains témoins affirment que le centre militaire de Rumangabo a été déserté par l’armée régulière et investi par les éléments du M23.

Dans un entretien avec la presse, à Bunagana, Sultani Makenga, le numéro 1 du M23, a affirmé que son mouvement allait se retirer de toutes les localités occupées. Selon lui la protection des populations devrait y être assurée par la Monusco et la police nationale.

Des unités dans le Rutshuru et dans le Masisi sont issues de l’ex-Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), conformément aux conclusions de la conférence de Goma de janvier 2008.

Cependant, le M23, fondé également par des officiers CNDP, devrait demeurer dans Bunagana pour des raisons stratégiques.

Joint par RFI, le gouvernement congolais n'a pas souhaité réagir aux évènements de la journée au Nord-Kivu. Une réunion spéciale sur la situation dans l'est de la RDC est prévue pour ce mercredi 11 juillet à Addis-Abeba. Elle réunira les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de tous les pays membres de la Conférence internationale sur les Grands Lacs (pays frontaliers de la RDC plus le Kenya).

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