République démocratique du Congo

RDC : des renforts militaires envoyés à Goma

Le colonel Sultani Makenga (assis, au milieu), le leader du M23, s'adresse à la presse (Reuters), non loin de Bunagana, à la frontière ougandaise, le 8 juillet 2012.
Le colonel Sultani Makenga (assis, au milieu), le leader du M23, s'adresse à la presse (Reuters), non loin de Bunagana, à la frontière ougandaise, le 8 juillet 2012. REUTERS/James Akena

La Mission de l’ONU en RDC (Monusco) et l’armée congolaise ont décidé de renforcer leurs positions à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). La ville est placée sous haute surveillance dans la crainte d’une attaque des rebelles du M23 qui ont conquis, ces derniers jours, plusieurs villes dans le Nord-Kivu. L’Organisation des nations unies ainsi que l’Union européenne se disent préoccupées par « l’aide extérieure » reçue par les rebelles du M23.

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Les autorités congolaises et les Nations unies craignent que les mutins du Mouvement du 23 mars (M23) lancent une offensive contre Goma, capitale du Nord-Kivu. En fin de semaine dernière, après des combats avec l’armée congolaise, les rebelles du M23 ont conquis plusieurs localités et obligé les troupes loyalistes à fuir. Entre vendredi et dimanche, ils ont conquis Bunagana, près de l’Ouganda, puis d’autres localités, cette fois sans résistance, telles que Rutshuru d’où ils se sont retirés depuis dimanche.

Protéger la ville et les populations

Afin de protéger Goma, les Forces armées congolaises (FARDC) ont commencé à dépêcher sur la ville un bataillon stationné dans le nord du pays et entraîné par des instructeurs américains. Ce bataillon doit se joindre aux 7 000 militaires déjà déployés au Nord-Kivu. Et de son côté, la Monusco, composée de 18 000 hommes, va quant à elle envoyer des renforts venus de l’Ituri et du Sud-Kivu.

Joint par RFI, Manodje Mounoubai, porte-parole de la Monusco à Kinshasa,  précise que l’objectif de ces renforts est de protéger Goma mais aussi les populations. Lundi 9 juillet, des manifestations ont éclaté à Goma où des membres de la communauté tutsie ont été pris pour cibles. Les manifestants les accusaient de soutenir les rebelles du M23. Depuis, le calme est revenu mais la peur est toujours présente dans la ville.

Nous prenons les devants pour prendre toutes les dispositions nécessaires pour protéger cette ville.

Manodje Mounoubai

 Le Rwanda pointé du doigt

L’Union européenne s’est déclarée, ce mardi 10 juillet, « très préoccupée » par la situation dans l’est de la RDC. Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, a appelé le Rwanda à « cesser tout soutien aux groupes armés » actifs dans la région. Le Rwanda a été pointé du doigt par le gouvernement congolais à la suite des rapports de l’Onu et d’organisations non gouvernementales affirmant que Kigali soutenait le M23.

Les Nations unies, de leur côté, se sont montrées préoccupées par des informations persistantes selon lesquelles les mutins du M23 reçoivent « de l’aide extérieure et sont bien armés, équipés et entraînés ».

Une réunion interministérielle des pays de la région des Grands Lacs est prévue pour le mercredi 11 juillet, à Addis-Abeba pour tenter de réduire précisément la tension entre Kinshasa et Kigali.

Le M23 est constitué d’ex-combattants de la rébellion tutsi congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et ont été intégrés dans les Forces armées congolaises (FARDC) dans le cadre d’un accord de paix avec Kinshasa, signé le 23 mars 2009. Les mutins, qui réclament la pleine application de ces accords, ont commencé à quitter le mouvement au mois d’avril 2012 et ont lancé une offensive dans l’est du pays. Au cours des deux dernières semaines, ils sont passés de 1 000 à 2 000 combattants et pris plusieurs localités. Ce regain de violence a fait plus de 200 000 déplacés et plus de 30 000 réfugiés au Rwanda et en Ouganda.

 

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