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Côte d'Ivoire / France

Rencontre cordiale entre le président ivoirien Alassane Ouattara et François Hollande à Paris

François Hollande a reçu son homologue ivoirien Alassane Ouattara à l'Elysée, jeudi 26 juillet 2012.
François Hollande a reçu son homologue ivoirien Alassane Ouattara à l'Elysée, jeudi 26 juillet 2012. AFP PHOTO BERTRAND GUAY
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Alassane Ouattara est à Paris depuis le mardi 24 juillet. Il s'est entretenu ce jeudi avec François Hollande. Les deux chefs d'Etat devaient évoqué, entre autres sujets, le renforcement des relations bilatérales, le maintien des troupes françaises en Côte d'Ivoire mais aussi la crise au Mali. De leur côté, les pro-Gbagbo, qui avaient fondé beaucoup d'espoir dans l'élection de François Hollande, ne cachent pas leur déception. Dès son arrivée, un accord d'annulation de la dette ivoirienne portant sur la somme de 3,76 milliards d'euros avait été signé. Mercredi, il avait rencontré Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française.

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C'est la première rencontre entre Alassane Ouattara et François Hollande depuis l’élection du nouveau président français, le 6 mai 2012. Fin janvier, le président ivoirien avait été reçu par son ami Nicolas Sarkozy, lors d’une visite de trois jours. Une façon de marquer un raffermissement des liens entre la Côte d’Ivoire et la France, fortement secoués pendant les dix ans de la présidence de Laurent Gbagbo.

Plusieurs sujets devaient être abordés : les progrès et les difficultés de la réconciliation des Ivoiriens ; la situation sécuritaire qui reste préoccupante surtout dans l’Ouest ; le respect des libertés ; et enfin le contrat de désendettement-développement (C2D) préparé sous la présidence de Nicolas Sarkozy, et dont la première étape vient d’être concrétisée par la signature, ce mercredi, d'un document entre la France et la Côte d’Ivoire. Il s'agit d'un accord d’annulation de la dette ivoirienne (pendant 20 ans, Paris n’encaissera pas les quelque 1 870 milliards de francs CFA que la Côte d’Ivoire lui doit. Son montant sera plutôt affecté à des projets de développement).

La crise malienne et la situation sécuritaire de la zone sahélienne seront aussi abordées. Non seulement la Côte d’Ivoire partage une frontière avec le Mali, mais Alassane Ouattara joue aussi cette année le rôle de président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

« Un mauvais geste »

Tout le monde n'est pas satisfait de la venue du président ivoirien à Paris. Lors de l'élection de François Hollande, les partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo avaient dansé, chanté. Pour eux, cela relevait de l'évidence : Nicolas Sarkozy battu, les portes allaient se refermer une à une devant son ami Alassane Ouattara et ses proches.

Deux mois plus tard, force est de constater que le calcul était mauvais. Guillaume Soro, le président de l'Assemblée nationale, a déjà été reçu par son homologue français. Et ce jeudi, c'est en vieille connaissance de Laurent Fabius qu'Alassane Ouattara foulera le tapis rouge du palais de l'Elysée.

Toussaint Alain, ex-conseiller à la présidence ivoirienne et infatigable défenseur de Laurent Gbagbo, ne cache pas sa déception :

« Nous considérons que la venue de M. Ouattara en visite officielle en France est un mauvais geste. Cela nous indigne au plus haut point. Le président François Hollande a fait campagne sur le thème "le changement, c’est maintenant", mais nous considérons qu’il n’y a pas eu d’évolution, de changement majeur. La France est en quelque sorte le parrain de ce régime. M. Ouattara, en tant que filleul, devrait être rappelé à l’ordre. Mais il vient en France, où il reçoit même une remise de la dette. Cela ressemble fort à une prime pour les mauvaises actions qu’il mène contre la démocratie en Côte d’Ivoire. »

Leurs camarades français au sein de l'Internationale socialiste (IS) ayant dans leur grande majorité pris leur distance, les cadres du FPI (Front populaire ivoirien) et plus largement les partisans de Laurent Gbagbo bénéficient désormais d'une oreille attentive de certains réseaux d'extrême droite mais surtout du Front de gauche. Le Parti communiste (PC) souhaite ainsi que l'Assemblée nationale ouvre une enquête sur les responsabilités françaises dans la crise ivoirienne.

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