Somalie

Dans la ville somalienne de Baidoa, la vie reprend son cours après le départ des shebabs

Miliciens somaliens marchant dans les rues de Baidoa.
Miliciens somaliens marchant dans les rues de Baidoa. RFI/Stéphanie Braquehais

En Somalie, la ville de Baidoa, située à l’ouest du pays, a été prise par l’armée éthiopienne, qui a chassé les insurgés en février dernier. Depuis, une administration locale a été instituée, et les incidents sécuritaires ont relativement baissé ces dernières semaines. Les insurgés sont occupés ailleurs. L’armée éthiopienne est déployée le long de certains axes, tandis qu’un bataillon burundais est déjà en place. A terme, l’Amisom doit déployer 2 500 soldats.

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Dans le marché, un milicien somalien sans uniforme écarte sans ménagement des jeunes poussant des charrettes de sacs de farine. Le trottoir regorge d’étalages de légumes, de cigarettes, de sacs de sucre.

Le marché du qat, dont la consommation était interdite sous les shebabs, est situé un peu plus loin. Mahad Elmu Yerow est vendeur de matelas. Depuis le départ des shebabs, il se plaint de la hausse des coûts du transport, car ses camions doivent traverser plusieurs zones d’influence. « De Mogadiscio jusqu’à Baidoa, il y a de nombreux barrages routiers, dit-il. Le gouvernement en a certains, puis il y a les milices, et enfin il y a les shebabs. Tout le monde demande de l’argent à nos conducteurs. »

Récemment, les commerçants ont protesté contre des taxes trop élevées. Certains se plaignent notamment de devoir payer l’administration des impôts sur un an, alors qu’ils ne savent pas qui contrôlera Baidoa d’ici là. « Maintenant, le gouvernement est occupé par les élections à Mogadiscio où se trouve la majorité des revenus, explique Abdifatah Mohamed Ibrahim Geseey, le gouverneur de Baidoa. Nous dépendons des commerçants ici, de la communauté pour faire survivre la ville. Nous ne recevons rien de Mogadiscio. »

Si les incidents ont diminué, cela n’empêche pas Rahma Ali Aden, qui vit dans un camp de déplacés en ville, d’avoir peur des hommes armés non identifiés. « Quand vous sortez, vous avez peur des explosions, vous avez peur de vous faire tirer dessus, vous avez peur qu’on vous interroge. Donc, nous ne sommes pas très confiants ».

Un bataillon burundais est pour le moment déployé à Baidoa, et l’armée éthiopienne sécurise plusieurs axes, notamment vers la ville frontalière de Dolow, ainsi que vers la localité de Xuddur.

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