République démocratique du Congo

Procès Chebeya: débat autour de l'opportunité de la présence du cinéaste Thierry Michel

Le réalisateur belge Thierry Michel, le10 juillet 2012, révélant un témoignage inédit dans l'affaire Chebeya.
Le réalisateur belge Thierry Michel, le10 juillet 2012, révélant un témoignage inédit dans l'affaire Chebeya. AFP Photo/Thierry Charlier

Au procès en appel des policiers assassins du défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana, l’audience a tourné ce mardi 31 juillet autour de l’opportunité de faire venir le cinéaste belge Thierry Michel, auteur d’un film sur l’affaire et interdit en RDC. Et ce alors que Thierry Michel a été expulsé de RDC il y a quelques semaines. Les plaignants voudraient le voir à la barre, mais c'est exclu pour les avocats de l’Etat congolais.

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Le cinéaste documentariste belge Thierry Michel a été la vedette de cette audience, bien qu'il n'y ait pas été présent.

La semaine dernière, les parties civiles, c'est-à-dire les défenseurs des associations de droits de l’homme et des proches de Chebeya et Bazana, avaient demandé à ce que Thierry Michel soit entendu car il a réalisé une interview choc : celle d’un des policiers condamnés en fuite – le major Paul Mwilambwe – réfugié à l’extérieur du pays, qui balance beaucoup de choses et surtout désigne le chef de la police de l’époque, le général John Numbi, comme le commanditaire de l'assassinat de Floribert Chebeya. 

Pendant toute l’audience de ce mardi, les avocats de l’Etat congolais, ainsi que le procureur militaire, ont tenté de dissuader le juge de convoquer Thierry Michel. « Attention à la manipulation ! », a lancé le procureur. « C’est un cinéaste expérimenté, le monde de la cinématographie, c’est un monde de montage ! L’intérêt de ce Monsieur n’est pas la recherche de la vérité, c’est un coup commercial. Il veut nous pousser à commettre une erreur judiciaire ».

Il faut comprendre par là que le général Numbi est innocent et qu'on veut le mouiller, selon les avocats de l'Etat. Ce qui fera rétorquer à un avocat de partie civile : « Le ministère public a signé un contrat de mariage avec les assassins ». Les débats reprendront mardi prochain, le 7 août.

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