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OCI / Syrie

L’Organisation de coopération islamique au secours de la Syrie ?

Alors qu'une réunion préparatoire de l'OCI doit se tenir ce lundi 13 août, les combats en Syrie n'ont pas perdu de leur intensité.
Alors qu'une réunion préparatoire de l'OCI doit se tenir ce lundi 13 août, les combats en Syrie n'ont pas perdu de leur intensité. REUTERS/Yazen al Homsy
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Une réunion d’urgence des ministres arabes des Affaires étrangères devait se tenir ce dimanche en Arabie Saoudite. Reportée sine die, elle devait tenter de trouver une issue au conflit syrien après la démission de l’émissaire international Kofi Annan. Maintenu pour sa part, le sommet extraordinaire de l’Organisation de coopération islamique (OCI) doit se dérouler mardi 14 août à La Mecque avec pour objectif de mobiliser le monde musulman en faveur du soulèvement en Syrie. L'occasion pour cette organisation, deuxième en taille après l’ONU et présente sur quatre continents, de se mettre au premier plan sur la scène internationale. Une réunion préparatoire doit avoir lieu dès ce lundi.

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Selon un communiqué du secrétariat, l’Organisation de coopération islamique tient la quatrième session extraordinaire de son sommet à La Mecque les 14 et 15 août prochains, « sur invitation du Serviteur des deux saintes mosquées, le roi Abdallah Bin Abdelaziz, dans le but de discuter de la situation que vivent plusieurs Etats du monde musulman, de redoubler d’efforts pour contrer les sources de la discorde et de la division et ressouder l’unité de la oumma en renforçant la solidarité islamique ».

La Syrie est membre de l’OCI depuis 1972. Mais Bachar el-Assad ne sera bien entendu pas présent au sommet ; ni l’opposition syrienne qui n’a jusqu’à maintenant pas reçu d'invitation. Le secrétaire général de l'OCI a affirmé qu’une réunion préparatoire des ministres des Affaires étrangères doit se tenir en marge du sommet, lundi 13 août, pour se prononcer sur une suspension de la Syrie, « recommandée par les représentants de pays membres ».

L’enjeu du sommet est essentiel pour prétendre à une solution rapide de la crise qui n’a que trop duré. Mais il risque malheureusement de buter sur les divergences entre l'Arabie Saoudite et l’Iran. Téhéran qui, jeudi 9 août, a appelé à un « dialogue national » entre opposition et gouvernement syriens lors d’une conférence à laquelle participaient des représentants de la Russie et de la Chine, n’entend pas faire des concessions à son ennemi sunnite saoudien. Il accuse le royaume et le Qatar de soutenir matériellement la rébellion. La participation annoncée du président iranien Mahmoud Ahmadinejad risque ainsi de peser sur une position unifiée des pays musulmans.

L’Arabie Saoudite espère malgré tout que ce sommet soit un succès avant tout diplomatique, même si nul ne sait pour le moment si la tendance sera à un transfert de pouvoir pacifique, à un départ négocié du président syrien, à la création d’un gouvernement d’union nationale ou bien encore à une demande d’intervention étrangère.

En tout cas, il y a peu d’espoirs pour le Conseil national syrien (CNS, opposition) de voir ses exigences réalisées : son président Abdel Basset Sayda a proposé notamment l'instauration de « deux zones d'exclusion aérienne dans le nord près de la frontière turque et dans le sud près de la frontière jordanienne » ainsi que « des lieux sûrs pour les réfugiés et des couloirs humanitaires ».

Résoudre les crises du monde islamique

Créée à l’initiative de l’Arabie Saoudite, l’OCI est une organisation intergouvernementale. Suite à l’incendie criminel de la mosquée al-Aqsa à Jérusalem le 21 août 1969, ressenti comme une agression contre les musulmans du monde entier, 25 dirigeants de pays à majorité musulmane décident de se réunir dans la capitale marocaine. L’OCI, signifiant alors Organisation de la conférence islamique, est fondée. Devenue Organisation de coopération islamique, l’OCI regroupe aujourd’hui 57 Etats. Basée à Jeddah, elle représente environ 1,2 milliard de personnes.

Ekmeleddin Ihsanoglu, l'actuel secrétaire général de l'Organisation de coopération islamique.
Ekmeleddin Ihsanoglu, l'actuel secrétaire général de l'Organisation de coopération islamique. wikipedia/kremlin.ru

Les Etats de la Ligue arabe sont tous membres de l’OCI. Bien qu’ayant eu un rôle important lors de la fondation de l’organisation, les pays arabes sont désormais minoritaires, tant par le nombre de pays que par la population qu’ils représentent.

La raison d’être de l'OCI depuis 1969 : appuyer la lutte du peuple de Palestine et tenter de l’aider à récupérer ses droits et libérer son territoire. Au fil du temps, ses missions s’étendent et l’organisation joue aujourd’hui un rôle croissant pour tenter de résoudre les crises du monde islamique dans sa globalité. Son secrétaire général actuel, le Turc Ekmeleddin Ihsanoglu, ne cache pas sa volonté de redynamiser l’organisation. Les objectifs affichés sont avant tout politiques, culturels, économiques et sociaux. L’OCI, qui a le statut de membre observateur au sein des Nations unies, a pour mission d’aider à la paix et à la sécurité internationale.

L’OCI prône la sauvegarde des lieux saints. Pour autant, l’organisation n’a rien de religieux au sens strict. Des Etats d’idéologie laïque comme l’Algérie, la Turquie, sont membres de l’organisation. A contrario, des Etats comme l’Inde ou la Chine dans lesquels vivent des millions de musulmans, n’en font pas partie. Le Suriname, à minorité musulmane, est membre de l’OCI.

Actuellement, l’OCI met en œuvre sa diplomatie sur la question de la minorité musulmane des Rohingyas en Birmanie. Samedi 11 août, l’organisation a annoncé avoir obtenu l'accord du gouvernement birman pour apporter des secours aux déplacés de cette minorité musulmane réprimée et l'Arabie Saoudite s'est engagée à leur octroyer une aide de 50 millions de dollars.

Depuis à peine un mois, la France possède un envoyé spécial auprès de l'Organisation de la coopération islamique. Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a affirmé que la France souhaitait suivre désormais « assidûment » les travaux de cette instance, et d’ajouter que la France entend aussi « accompagner le développement d'une organisation qui a su trouver sa place par le dialogue avec le reste du monde». 

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