Sénégal / Nigeria / Niger

Des pluies diluviennes s'abattent en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale

Dans les rues de Dakar, la capitale sénégalaise, le 14 août 2012.
Dans les rues de Dakar, la capitale sénégalaise, le 14 août 2012. REUTERS/Joe Penney

Depuis quelques jours maintenant, des pluies diluviennes s'abattent ici et là sur le continent africain. Au Nigeria, au Niger, au Cameroun et au Sénégal, la situation est devenue préoccupante. Si les pluies ont cessé à certains endroits ce mercredi 15 août, les inondations qu'elles ont engendrées provoquent craintes et colères.

Publicité

Au Sénégal, les pluies ont fait des ravages. Mardi, au moins neuf personnes ont été tuées après l'effondrement de murs. Dans plusieurs quartiers, des toits se sont affaissés et des routes ont été impraticables. A Grandyoff, un quartier populaire de la capitale Dakar, on a passé la journée à évacuer les eaux des habitations.

Devant l’entrée d’une maison, quatre jeunes forment une chaîne. Ils se passent de main en main des seaux remplis d’eau depuis sept heures du matin et travaillent d’arrache-pied pour évacuer les eaux de chaque maison du quartier, comme l’explique le jeune Aliu : « Tout le monde est sorti pour aider les voisins. L’eau est entrée dans les chambres. On sauve tout ce qu’on peut sauver ».

A quelques mètres de là, Philippe, un voisin, extrait ses derniers meubles de l'eau. Sa maison s’est littéralement effondrée après les fortes pluies. Ce retraité pointe du doigt le manque de moyens, notamment une motopompe qui est en panne. « Après la pluie, le mur s’est effondré à l’intérieur de la maison. Toute l’eau est rentrée. Si on avait allumé la pompe, on n’aurait pas eu ce désastre-là », déplore-t-il.

Les ruelles de ce quartier sont totalement inondées par des eaux boueuses. Plusieurs riverains ont renoncé à se rendre au travail, comme cette fonctionnaire venue prêter main forte à ses voisins. « Depuis deux heures du matin, on est debout, raconte-t-elle. On a été obligé de mettre tout ce que l’on possède au premier étage, le rez-de-chaussée est inondé. Alors, même pour sortir, j’étais obligée de mettre un short ! »

Mardi 14 août, le ministre de l’Intérieur Mbaye Ndiaye a mis en place une cellule de crise chargée d’intervenir sur ces zones inondées : « Nous l’avons mise sur pied pour prendre des dispositions pour libérer la route nationale numéro 1 qui est envahie par les eaux. Le ministre des Finances a mis à la disposition une enveloppe de 2 milliards (…). On a cerné l’ensemble de la problématique et on est en train de donner des réponses sélectives ».

De leur côté, les sapeurs pompiers sont intervenus dans deux quartiers où des murs se sont effondrés sur des populations, causant plusieurs dégâts humains et matériels.

Une trentaine de morts dans le centre du Nigeria

Déjà au mois de juillet, les pluies diluviennes étaient meurtrières et avaient provoqué d'importants dégâts.   Jos, le 24 juillet 2012.
Déjà au mois de juillet, les pluies diluviennes étaient meurtrières et avaient provoqué d'importants dégâts. Jos, le 24 juillet 2012. REUTERS/Buhari Bello

Au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, là aussi la situation est très préoccupante. Des inondations s'étaient déjà produites le mois dernier dans une région de l'Etat du Plateau où les pluies avaient fait déborder un barrage, 35 personnes étaient mortes.

Si les pluies se sont calmées ce mercredi 15 août, les inondations de mardi ont rendu sur place la vie très difficile. Dans la soirée, on dénombrait une trentaine de morts et un nombre encore indéterminé de disparus dans la ville de Shendam, dans l'Etat du Plateau.

Depuis dimanche, les pluies diluviennes ont fait plus de 1 500 déplacés. Les cultures ont été inondées, des ponts et des habitations détruits. Abdulaïe Mohammed Lawal habite à Shendam. Pour lui, le gros problème maintenant, ce sont les routes.

Les fortes inondations ont emporté tous les ponts, les routes ont été coupées, nous avons beaucoup de difficultés à trouver de la nourriture.

Abdulaïe Mohammed Lawal

Au Niger, les eaux recouvrent Agadez

Il vient de pleuvoir ce mercredi après-midi sur Agadez. Mahamat est en train de rouler sur une chaussée complètement inondée par l’eau des ruissellements, faute de canniveaux : « Quand vous quittez le marché est pour aller au quartier administratif, il faut faire un grand détour par le commissariat alors que c’est à côté. C’est juste que les voies sont inondées du côté du collège et du côté de la Caisse de sécurité sociale. On se demande bien à quoi sert la mairie. Elle fait des lotissements, elle vend des terrains mais pas le moindre assainissement  !»

Plus loin dans un autre quartier, on trouve des femmes qui ont les pieds dans l’eau : « Quand il pleut dans ce quartier, on ne dort pas de toute la nuit. On reste debout à évacuer l’eau de nos maisons. C’est dans tout le quartier. Certains d’entre nous sont dehors, d’autres à l’intérieur en train d’évacuer l’eau en chaîne. On n’a pas de répit. Si non, nos murs vont s’écrouler ».

A Douala, « on vit la peur au ventre »

A Douala, au Cameroun, la situation n’est guère plus enviable. On se débrouille comme on peut sous une pluie battante et l'on craint maintenant les épidémies.

La semaine passée, un enfant qui vendait des arachides a été emporté par les flots de l’eau (…). On vit avec la peur au ventre (…) parce que quand une eau est sale, quand la pluie draine les ordures, elle arrive avec des maladies.

Norbert Wonounwo

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail