Côte d'Ivoire

La Côte d’Ivoire lance son processus de démobilisation

Des soldats des Forces républicaines ivoiriennes lors d'une patrouille à Dabou, le 16 août 2012.
Des soldats des Forces républicaines ivoiriennes lors d'une patrouille à Dabou, le 16 août 2012. REUTERS/ Thierry Gouegnon

En Côte d'Ivoire, l'identification des ex-combattants et démobilisés a commencé ce jeudi 23 août à Bouaké. Alassane Ouattara a dissout récemment toutes les agences auparavant chargées de leur recensement et de leur réinsertion pour créer une autorité unique pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration. Le processus était au point mort depuis de longs mois, et les chiffres de ces combattants étaient contestés par les bailleurs de fonds. Cette nouvelle campagne constitue un espoir pour certains qui sont toujours sur le terrain mais n'ont pas encore été intégrés dans l'armée. RFI a recueilli le témoignage de l'un d'eux, qui a préféré garder l'anonymat.

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Nous l'appellerons Issa. Il a trente ans et il a pris les armes en 2003 dans le Nord avec les Forces nouvelles, puis a combattu jusqu'à Abidjan. Depuis, il porte l'uniforme des Forces républicaines de Côte d'Ivoire

« Je n'ai pas encore eu ce qu'on appelle dans notre jargon le matricule, le mécano, mais jusqu'à preuve du contraire je continue à me battre, la preuve en est qu’on était à Dabou, pour la libération de Dabou », explique-t-il.

Issa est appelé en opération car sa compétence est reconnue par ses chefs. Pourtant, le quota de 2000 ex-combattants qui devaient intégrer l'armée a déjà été atteint. Mais beaucoup de ces jeunes contestent cette sélection.

« Ils disent pourquoi pas nous, qui nous sommes battus depuis 10 ans, pourquoi les nouvelles têtes qui sont venues, qui ne connaissent même pas l'arme, sont dans la république, pourquoi pas nous? C'est ce qu'ils ont toujours tendance à dire. »

Réquisitionnés pour combattre mais pas reconnus officiellement par l'armée, ces jeunes sont frustrés et pourraient un jour constituer une menace. Ils attendent beaucoup de cette nouvelle autorité placée sous la tutelle d'Alassane Ouattara.

« Le président même doit savoir que c'est un danger, estime Issa. J'ai l'impression que ça fait partie de ses soucis majeurs, maintenant qu'il a constaté qu'il y a avait eu des oublis au niveau des combattants, donc maintenant il se ressaisit ! Mais peut-être qu'on doit laisser le temps au temps pour que ça puisse se faire dans les meilleures conditions, pour ne pas que d'autres soient indexés, pour ne pas qu'il y ait d'oublis. »

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