Kenya

Journée de violences au Kenya après le meurtre d'un imam radical

Des membres des forces de sécurité kényanes patrouillent dans Mombasa durant les émeutes provoquées par le meurtre d'un imam radical lundi 27 août.
Des membres des forces de sécurité kényanes patrouillent dans Mombasa durant les émeutes provoquées par le meurtre d'un imam radical lundi 27 août. REUTERS/Joseph Okanga

Au moins une personne a été tuée ce lundi 27 août dans des émeutes à Mombasa, la ville côtière du Kenya après le meurtre d’un imam radical. Des églises ont été pillées, des jeunes sont sortis dans les rues pour protester et la police a dû quadriller les rues de la ville. L’imam, Abud Rogo, était accusé de liens avec les shebabs et de possession illégale d’armes et d’explosifs.

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« J’appelle la population au calme à Mombasa pour permettre au gouvernement de faire son travail », a déclaré ce lundi soir dans un communiqué le Premier ministre kényan Raila Odinga, après les violences qui ont éclaté dans la ville côtière. Des centaines de jeunes musulmans ont détruit des voitures, brûlé des pneus dans les rues, bloquant la circulation. En même temps, plusieurs églises ont été pillées. La police a dû faire usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule en colère.

Ces manifestations ont suivi quasi immédiatement la nouvelle du meurtre d’un imam radical, accusé de liens avec les shebabs somaliens et de recrutement de jihadistes en Afrique de l’Est. Aboud Rogo Mohammed se trouvait dans sa voiture avec sa femme, son père et sa petite fille de cinq ans lorsque des hommes lui ont tiré dessus. Il est mort suite à ses blessures.

Un personnage sulfureux

Aboud Rogo était une figure controversée au Kenya. Il avait été arrêté en janvier dernier pour possession d’armes, de munitions et de détonateurs. Il était visé par des sanctions de la part de l’ONU et des Etats-Unis qui l’accusaient de fournir une aide aux shebabs somaliens. Aboud Rogo avait été qualifié dans un rapport de l’ONU publié en 2011 comme étant la tête pensante du Centre de la jeunesse musulmane, le MYC, affilié aux shebabs et un des centres de recrutements principaux de jihadistes en Afrique de l’Est.

Il avait également été arrêté en décembre 2010 pour un attentat contre un bus à destination de Kampala. En 2002, il avait été accusé d’avoir participé à l’attentat contre l’hôtel Paradise, mais avait été relaxé en 2005 après faute de preuves. Il était soupçonné de liens avec le principal cerveau de l’attaque, et chef d’al-Qaïda en Afrique de l’Est, le Comorien Fazul Abdullah Mohammed, tué à Mogadiscio en juin 2011.

En avril dernier, le corps de Samir Khan, un proche de Rogo et également accusé de terrorisme avait été retrouvé mort dans le parc de Tsavo. Les soupçons s’étaient portés sur la police kényane qui avait démenti toute implication dans le meurtre.

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