Sénégal/Gambie

Le Sénégal proteste après l'exécution par la Gambie de deux de ses ressortissants

Le président du Sénégal, Macky Sall, Dakar, le 4 février 2012.
Le président du Sénégal, Macky Sall, Dakar, le 4 février 2012. AFP/Seyllou

Le Sénégal hausse le ton contre son voisin gambien, après l'exécution de deux ses ressortissants en Gambie, le 26 août dernier parmi neuf condamnés fusillés. Dakar a convoqué l'ambassadeur gambien pour lui faire par de son indignation. Le président gambien Yaya Jammeh avait soulevé l'indignation notamment en Afrique, en annonçant le jour de la fin du ramadan la reprise des exécutions capitale dans son pays.

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En langage diplomatique, on appelle cela une protestation. Mais il s'agit bel et bien d'une remontrance qu'a subie l'ambassadeur gambien au Sénégal. Sommé la veille par le président Macky Sall de venir s'expliquer, Mass Axi Gey, a été reçu une demi-heure par le Premier ministre sénégalais qui lui a fait part de la vive réprobation et de la consternation de Dakar, après l'exécution de deux Sénégalais dont une femme, le 26 août dernier.

Dakar reproche à la fois la méthode expéditive et les conditions d'opacité entourant les exécutions capitales. Les autorités consulaires sénégalaises en Gambie n'ayant pas été informées. La colère de Dakar fait écho à l'indignation publique au Sénégal et plus largement en Afrique, suite à une série de neuf exécutions capitales annoncées par le président gambien, le jour de la Korité qui est théoriquement un jour de pardon. Neuf personnes sur les trente-huit condamnés à mort ont été fusillées, malgré les appels à la clémence lancés par l'Union africaine et les organisations de défense des droits de l'homme.

Le Sénégal presse Banjul de ne pas poursuivre les exécutions et notamment celle d'un troisième Sénégalais condamné en Gambie. Cette affaire vient ternir les relations entre le président Macky Sall et son homologue gambien. Le Sénégalais qui avait réservé au Gambien son premier déplacement à l'étranger après son élection, souhaite améliorer les relations avec son voisin, et ce pour résoudre plus facilement la crise casamançaise. Une crise dans laquelle la Gambie joue un rôle clé.

Près de quarante prisonniers sont toujours dans le couloir de la mort en Gambie. Les appels à la clémence en leur faveur se sont multipliés mardi alors qu'une ONG a appelé à isoler le président gambien jugé « dangereux pour l'Afrique ». L'opposition gambienne, elle, appelle même, Yahya Jammeh à quitter le pouvoir.

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