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Côte d’Ivoire

Côte d’Ivoire : les universités rouvrent leurs portes

Des étudiants à l'université de Cocody, en 2005.
Des étudiants à l'université de Cocody, en 2005. AFP PHOTO ISSOUF SANOGO
Texte par : Ursula Soares
4 mn

Le jour de la rentrée universitaire est enfin arrivé. Ce lundi 3 septembre et après deux ans de fermeture, les universités publiques du pays rouvrent leurs portes. La réhabilitation des bâtiments et les nouveaux aménagements ont métamorphosé les lieux, ravagés, en avril 2011, suite à la crise post-électorale. Très attendue, cette rentrée universitaire présente cependant de nombreux défis : la capacité d’accueillir tous les étudiants, combler le déficit en matière d’équipements et de matériel et parvenir surtout à rompre avec les violences du passé.

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Saccagées, vandalisées et fermées après la sanglante crise politique ivoirienne entre 2010 et 2011, les universités du pays ont fait peau neuve. Le gouvernement a débloqué 100 milliards de francs Cfa (150 millions d’euros) pour réhabiliter les deux universités d’Abidjan et celles de l’intérieur du pays : Bouaké (Centre), Korhogo (Nord) et Daloa (Centre-Ouest) – des universités qui ont même changé de nom.

Ainsi, dans la ville d’Abidjan, l’université de Cocody , la plus grande de Côte d’Ivoire, a été renommée université Félix Houphouët-Boigny, du nom du premier président ivoirien, décédé en 1993. Bâtiments et amphithéâtres modernes, grands espaces verts, terrains de sport, un campus qui s’étend sur des centaines d’hectares bien dégagés, l’université d’Abidjan-Cocody a fière allure. « Ce n’est pas une simple réhabilitation mais une reconstruction », a tenu à souligner le ministre de l’Enseignement supérieur, Ibrahima Cissé Bacongo.

Une forte population étudiante

Plus de 80 000 étudiants et quatre générations d’étudiants (2008-2009 ; 2009-2010 ; 2010-2011 et 2011-2012) uniquement de première année. Comment les accueillir tous ? La problématique de la capacité d’accueil des universités publiques risque de se poser inévitablement même si récemment les frais d’inscription ont sérieusement augmenté - une augmentation qui a d’ailleurs soulevé un tollé : les frais, initialement de 6 000 francs Cfa (9 euros) sont passés à 100 000 francs Cfa (150 euros) pour le premier cycle. Le tarif a tout de même été révisé pour revenir à 30 000 francs Cfa (45 euros).

Pour tous ces étudiants, le gouvernement ivoirien a affirmé que cette rentrée marquera « un départ nouveau, une rupture totale avec le passé ». Selon Ibrahima Cissé Bacongo, « les étudiants étaient manipulés, instrumentalisés par l’ancien régime de Laurent Gabgbo et avaient développé la violence en milieu universitaire ». Le ministre de l’Enseignement supérieur faisait notamment une allusion à la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci). Ce puissant syndicat, allié du régime de l’ex-président Laurent Gbagbo durant la décennie 2000, est considéré comme responsable de multiples violences et d’avoir fait régner la terreur sur les campus.

Le syndicat étudiant n’a pas été dissous mais son secrétaire général, Augustin Mian, a fait savoir que le mouvement saura « s’adapter aux nouvelles exigences » et que « pour le bonheur de l’école, il faut que la quiétude et la sérénité reviennent à l’université ».

Ramener le calme et l’apaisement dans les universités et autres établissements scolaires, c’est donc un des défis du gouvernement ivoirien. La rentrée universitaire de ce lundi 3 septembre est aussi marquée par une cérémonie officielle organisée à Cocody, en présence du président Alassane Ouattara.

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