Mauritanie / Libye

Mauritanie: Abdallah al-Senoussi extradé vers la Libye

Abdallah al-Senoussi
Abdallah al-Senoussi Reuters

L'ancien chef des services de renseignement de Mouammar Kadhafi était détenu depuis près de six mois en Mauritanie. Il était inculpé pour entrée illégale sur le territoire. A Nouakchott, la télévision d'Etat a annoncé ce mercredi 5 septembre qu'Abdallah al-Senoussi avait été remis aux autorités de Tripoli, qui ont confirmé l'arrivée de leur ressortissant sur le sol libyen. Il devrait être rapidement interrogé.

Publicité

C'est un homme très recherché qui s'est envolé de Mauritanie pour finalement atterrir à Tripoli. Outre la Libye, la Cour pénale internationale avait émis en juin 2011 un mandat d'arrêt à son encontre, et la France cherchait également à obtenir son extradition, pour son rôle dans l'attentat contre le DC 10 d'UTA en 1989.

Finalement, c'est donc Tripoli qui a eu gain de cause. Il faut dire que les Libyens n'ont pas ménagé leurs efforts pour récupérer le beau-frère de Mouammar Kadhafi.

Monsieur Senoussi va maintenant pouvoir répondre en Libye des crimes qu'il a commis, ou dont il est au courant. Je pense que la Mauritanie doit être remerciée, et notre relation va aller de l'avant.

Saad al Chelmani

Depuis son arrestation, plusieurs délégations se sont succédées à Nouakchott et en juillet dernier, le Premier ministre libyen s'était lui même déplacé pour demander au président Abdel Aziz l'extradition de l'ancien patron des services de renseignement de son pays.

A-t-il mis dans la balance l'avenir de la coopération économique entre les deux pays ? C'est fort probable. Comme par hasard, les ministres libyens de la Justice et surtout des Finances, étaient ce mardi à Nouakchott. Il y a un mois, le chef de l'Etat mauritanien avait promis qu'il ne livrerait pas Abdallah al-Senoussi avant qu'il ne soit jugé à Nouakchott.

Selon une source officielle mauritanienne citée par l'AFP, toutes les procédures légales ont été respectées avant cette extradition. Abdallah al-Senoussi va donc désormais devoir rendre des comptes à la justice libyenne, mais selon une source française, l'ex-numéro 2 du régime Khadafi pourrait également devoir s'expliquer sur son implication dans l'attentat contre le DC 1O d'UTA. Les proches des victimes ont en effet été approchées pour être parties civiles lors d'un procès en Libye.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail