RDC / Grands Lacs

Grands Lacs : l’est de la RDC une nouvelle fois en jeu

29 juillet 2012, Nord-Kivu. Les soldats des FARDC patrouillent dans la région de Goma où les forces rebelles du M23 sont présentes.
29 juillet 2012, Nord-Kivu. Les soldats des FARDC patrouillent dans la région de Goma où les forces rebelles du M23 sont présentes. REUTERS/James Akena

Les dirigeants des Grands Lacs se réunissent pour un nouveau sommet, samedi 8 septembre, à Kampala, pour tenter d’apaiser les violences dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). L’idée est de mettre en place une « force neutre » qui devrait être déployée à la frontière entre la RDC et le Rwanda. Le mouvement du 23 mars (M23) - une des principales cibles - se dit favorable à l’envoi d’une telle force à condition que celle-ci soit effectivement une « force neutre » et non pas « une force combattante ».

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L'idée du déploiement d’une telle force avait été lancée par les dirigeants des 11 pays de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), en marge d’un sommet de l’Union africaine (UA), à Addis-Abeba, en juillet dernier.

C’est la troisième fois en deux mois que les dirigeants des Grands Lacs se réunissent – les deux premiers sommets s’étant soldés par un échec. Pour ce sommet de Kampala, sous la présidence du chef de l’Etat ougandais, Yoweri Museveni, seuls les présidents de RDC, Joseph Kabila, de Tanzanie, Jakaya Kikwete et du Sud-Soudan, Salva Kiir, sont attendus. La présence du président du Rwanda, Paul Kagame, n’est pas prévue car Kinshasa et l’ONU accusent le Rwanda de soutenir la rébellion du M 23, ce que dément Kigali. Le président Kagame devra être représenté par son ministre de la Défense, James Kabarebe ainsi que par sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo.

Instabilité chronique

Milices et rébellions se multiplient dans l’est de la RDC. Chroniquement instable, la région est en proie, depuis le mois d’avril, à des affrontements entre les rebelles du M23 et l’armée régulière congolaise mais aussi à des milices et des groupes anti-M23 qui se sont multipliés dans la région. Après la mutinerie qui a éclaté au printemps, déclenchée par des officiers tutsis, devenue ensuite rébellion et baptisée M23 – des groupes anti-M23 ont proliféré dans l’est de la RDC. Ainsi à Kikuku, on trouve des maï maï (guerriers traditionnels) ; des hommes armés qui disent appartenir à l’Union des patriotes congolais pour la paix (UPCP) ou encore d’autres groupuscules qui terrorisent les populations locales.

Cela fait donc des mois que ce conflit est une réelle source de tension régionale. Lundi encore, la RDC avait accusé Kigali d’avoir profité d’un récent retrait de militaires rwandais de la région pour « exfiltrer » des hommes qui, dit-elle, avaient « attaqué » son armée avec le M23. Ces militaires rwandais - plusieurs centaines – avaient quitté, il y a une semaine, la zone de Rutshuru, en partie contrôlée par le M23, pour rentrer chez eux. Ces militaires rwandais faisaient également partie d’un bataillon congolo-rwandais, qui avait été déployés dans la région congolaise en 2009 pour une opération conjointe destinée, à l’époque, à combattre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDRL) – une rébellion hutu recherchée par Kigali pour sa participation présumée au génocide de 1994.

« Une force neutre mais pas une force combattante »

L’objectif de ce sommet des Grands Lacs est donc celui de stabiliser l’est de la RDC et l’une des solutions serait de constituer une « force neutre » pour neutraliser tous ces groupes armés opérant dans la région. Néanmoins, l’épineuse complexité de la composition de cette force a rencontré, lors des deux précédents sommets, de sérieuses divergences. Parmi celles-ci, figure la participation ou non des casques bleus de la Monusco (Mission de l’ONU en RDC). Kinshasa y est favorable mais Kigali ne cache pas sa défiance envers la force onusienne.

Que pense le M23 de l'éventuel déploiement d'une telle force ? Au micro de RFI, Dr. Stanislas Baléké, porte-parole politique du M23, affirme que son mouvement n’est pas contre si la force en question sera effectivement neutre.

Cette force sera la bienvenue à condition qu’elle reste une force neutre et non une force combattante.

Stanislas Baléké

 

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