Madagascar

Des journalistes de Madagascar réfugiés à l’ambassade d’Afrique du Sud depuis un mois

L'une des journalistes est une ancienne collaboratrice du président  Andry Rajoelina.
L'une des journalistes est une ancienne collaboratrice du président Andry Rajoelina. RFI/Marie Audran
Texte par : RFI Suivre
3 mn

A Antananarivo, trois journalistes malgaches ont trouvé refuge à l’ambassade d’Afrique du Sud il y a un peu plus d'un mois. L'enceinte diplomatique l'a confirmé vendredi 7 septembre. Il s’agit de membres d’une radio d’opposition, Free FM, connue pour critiquer farouchement le régime de transition d'Andry Rajoelina, au pouvoir depuis 2009.

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« Harcèlement continu des médias », mais aussi « violation évidente et grave » de l’accord politique en cours. Les mots de l’ambassade d’Afrique du Sud sont forts. D’ordinaire, cette maison se montre plutôt discrète. Et pour cause, elle est directement impliquée dans la médiation internationale pour résoudre la crise politique à Madagascar.

Cette fois pourtant, l’ambassade ne mâche pas ses mots, et rappelle que des « mesures d’apaisement constructives devraient être adoptées » sur la Grande île.

Accueillir les journalistes de Free FM n’est pas un acte anodin : d’abord proche collaboratrice du président Andry Rajoelina, la directrice de la station Lalatiana Rakotondrazafy est devenue l'une de ses plus farouches ennemies. Ses appels à manifester ont rassemblé plusieurs milliers de personnes au mois de mai.

Mais ce qui lui vaut ces ennuis actuels, c’est une interview diffusée au mois de juillet, d’un militaire qui disait participer à une mutinerie près de l’aéroport. La mutinerie a été matée par l’armée, au prix de trois morts.

La radio avait aussitôt été accusée de complicité d’atteinte à la sûreté de l’Etat, propagation de fausses nouvelles, et incitation à la haine et à la révolte. Une semaine après, l’émission politique était suspendue. C’est à ce moment que Mme Rakotondrazafy et deux de ses confrères ont frappé à la porte de l’ambassade sud-africaine.

Le communiqué envoyé par cette dernière dénonce « des actions inacceptables (…), au moment où des étapes et mesures d’apaisement constructives devraient être adoptées par les parties prenantes ».

Et l’Afrique du Sud d’appeler, par quatre fois, à la mise en œuvre de la feuille de route, cet accord politique signé il y a un an mais qui peine à être appliqué tant les exigences des différents acteurs sont incompatibles.

Les pourparlers du mois de juillet et du mois d’août, censés être décisifs, n’ont rien donné. L’équipe de médiation, dirigée alors par l’Afrique du Sud, avait pourtant mis en garde les protagonistes malgaches : le responsable d’un quelconque échec serait écarté du processus. Pour l’instant aucune mesure n’a été prise, car aucun responsable n’a été identifié.

La prochaine réunion de l’organe de paix et sécurité de la SADC aura lieu les 7 et 8 octobre en Tanzanie. A cette occasion, « la troïka va réfléchir davantage sur les récentes évolutions à Madagascar », assure le communiqué.

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