Accéder au contenu principal
Libye / Etats-Unis

Libye : Benghazi entre deux colères

Des Libyens ont défilé à Benghazi, ce mercredi 12 septembre 2012, pour condamner l'attaque du consulat américain et l'assassinat de l'ambassadeur.
Des Libyens ont défilé à Benghazi, ce mercredi 12 septembre 2012, pour condamner l'attaque du consulat américain et l'assassinat de l'ambassadeur. REUTERS/Esam Al-Fetori
Texte par : RFI Suivre
8 mn

A Benghazi, la colère est toujours présente depuis que le film sur Mahomet, jugé offensant pour l'islam et son prophète, a fait parler de lui. La population sur place est partagée entre le sentiment d'avoir été insultée et le rejet de la violence exprimée mardi avec l’attaque du consulat américain. Les policiers de la ville, accusés de laisser le chaos s’y installer, rejettent de leur côté la faute sur les autorités de Tripoli.

Publicité

Ce n’est pas une surprise, la capitale de l'Est libyen conservateur n'a pas goûté le propos du film L'innocence des musulmans et le portrait qu'il dépeint du prophète. Mansour Salah s'est senti insulté dans sa religion.

« C'est une insulte pour nous en tant que Libyens et musulmans, affirme-t-il. Et c'est une insulte à la communauté musulmane dans son ensemble. Lorsque ces gens insultent notre prophète, que le salut soit sur lui, nous ne l'acceptons pas. Mais comme nous n'acceptons pas les violences que l'on a vues. »

Zahra est l’une des femmes qui ont participé aux premières manifestations anti-Kadhafi, lançant la révolution en février 2011. Elle garde un souvenir ému de l'ambassadeur américain tué mardi soir.

L'ambassadeur Stevens était un véritable ami de la Libye.

Ibrahim Dabbashi, ambassadeur de Libye auprès des Nations unies

« Cet ambassadeur était l'ami de tous les Benghaziotes, assure-t-elle. Il aurait pu rester à Tripoli, dans son ambassade. Non, il est venu ici car tous ses amis sont ici. Tout Benghazi l'aime. »

Otages de la violence, les Benghaziotes voient les étrangers quitter peu à peu leur ville. Et ils ont peur que cette violence ne les replonge dans le noir, comme ils ont vécu quarante-deux ans durant.

Accusés d’être attentistes, les policiers se sentent abandonnés

Au cœur de la situation de chaos que traverse Benghazi depuis maintenant des semaines, le vide sécuritaire dans la ville. Les premiers à s'en plaindre, ce sont les policiers eux-mêmes qui disent avoir été délibérément mis au chômage.

Il va y avoir une manifestation importante contre ce genre de violence. Il ne faut pas aller vers une irakisation de la Libye.

Othman Bensasi, directeur administratif du Congrès général national libyen

Kamal, qui ne veut pas donner son nom de famille, est policier à Benghazi depuis fin 2011. Il dépend de la haute commission de sécurité. Une instance transitoire très controversée et mise en cause pour son attentisme lors des récentes violences qui ont émaillé tout le pays. Kamal accuse les responsables à Tripoli.

« Ils nous ont marginalisés, explique-t-il. On s'est rallié à la haute commission de sécurité mais ils ont fini par nous lâcher. Nous étions présents et on assurait la sécurité. Mais en juillet dernier, ils nous ont demandé de quitter nos postes et depuis, c'est le bordel. »

Kamal reprend à sa façon l'idée dont s'est fait écho le New York Times que les débordements pourraient avoir été programmés pour permettre à certains groupes d'exploiter le vide sécuritaire. En attendant, c'est le mépris ressenti par ces policiers qui les scandalisent le plus.

« Nous sommes les jeunes de ce pays. On veut le servir. Nous ne sommes pas des malfrats, des anciens détenus, comme l'imagine le Congrès général. Moi, je veux que le Congrès général présente ses excuses au comité de sécurité. Le ministère de l'Intérieur a dit que nous étions présents pendant l'attaque du consulat, alors qu'on n'y était pas. »

Sans cesse mis en cause, ses hommes ont décidé de profiter de l'attention médiatique portée sur Benghazi pour se faire entendre des autorités de Tripoli.

Il faut nous assurer que la justice sera à la hauteur de ce défi, pour que le monde fasse confiance à notre révolution.

Jamal Ben Nour, ancien maire de Benghazi

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.