Mali / Cédéao

Intervention militaire au Mali : la Cédéao répond à Bamako

Daniel Kablan Duncan, ministre ivoirien des Affaires étrangères.
Daniel Kablan Duncan, ministre ivoirien des Affaires étrangères. gouv.ci
Texte par : RFI Suivre
8 mn

Le ministre ivoirien des Affaires étrangères Daniel Kablan Duncan est arrivé à Bamako ce jeudi 20 septembre au matin. Il est porteur de la réponse de la Cédéao au président Dioncounda Traoré à propos de la demande d'aide militaire du Mali auprès de ses voisins africains.

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Alassane Ouattara, le président en exercice de la Cédéao avait promis de répondre rapidement au président Dioncounda Traoré. C'est chose faite avec cette lettre apportée ce jeudi matin par le ministre ivoirien des Affaires étrangères au président malien par intérim. Que dit cette missive ? On le saura dans la journée.

En début de mois, le président malien par intérim avait demandé de l'aide à la Cédéao pour reconquérir le Nord, mais il posait plusieurs conditions : oui à de l'aide matérielle, à du renseignement et à un soutien aérien, mais non à des militaires à Bamako.

Or, sur ce dernier point la Cédéao n'est pas d'accord. Hier mercredi, sur France 24, le médiateur Blaise Compaoré l'a redit : une éventuelle force d'intervention doit être présente à Bamako elle doit disposer d'un aéroport, d'une antenne médicale, de transmissions et d'un dispositif pour éviter à des mouvements armés de déstabiliser Bamako. En conclusion, pour le président burkinabè, « pour l'instant, les conditions ne sont pas réunies pour une intervention armée au Mali, et c'est Bamako qui bloque ».

On voit bien qu'on est loin d'une solution entre le Mali et la Cédéao. Le Premier ministre malien, qui a rencontré ce jeudi à Paris, le ministre français des Affaires étrangères, a redit que le temps pressait pour une intervention dans le Nord. Il a réclamé plus de fermeté de la part de la communauté internationale.

Cheick Modibo Diarra représentera la semaine prochaine son pays à New York pour la réunion sur le Sahel qui se tiendra en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

Par ailleurs, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a répété jeudi le souhait des autorités françaises de se cantonner à un rôle « logistique » en cas d'intervention au Mali. Cette déclaration intervient au lendemain d'un message d'Aqmi, Al-Qaïda au Maghreb islamique, menaçant notamment de tuer les quatre otages français détenus au Niger, si la France s'engage logistiquement à aider une force d'intervention ouest- africaine pour aider l'armée malienne à reconquérir le nord du pays.

La France a dit qu'elle apportera son concours et son soutien et j'espère que d'autres pays européens agiront de même mais en soutien logistique pas en intervention directe.

Jean-Yves Le Drian

Sur le terrain,

Au Nord, la pression sur les habitants au nom de la charia continue. Dans la ville de Tombouctou, les islamistes ont décidé d'arrêté jeudi plusieurs femmes qui ne portaient pas le voile. Ils ont ordonné aussi que toutes celles qui seraient vues le soir dans la rue soient conduites en prison. Les islamistes ont aussi annoncé la création d'une prison pour femmes. Elhadji Baba Haïdara député de Tombouctou est indigné.

Il faudra que le monde entier comprenne que la population est prise en otage et qu'elle souffre.

Elhadji Baba Haïdara

Une disparition inquiétante à Bamako

C'est celle de de Mohamed Ag Attabo, le président du Conseil du cercle d'Ansongo , dans le nord du Mali. Comme beaucoup de Touaregs, il s'était réfugié avec sa famille au Niger craignant des représailles depuis la prise des armes par le MNLA et la partition du pays, au mois d'avril. Mais Mohamed Ag Attabo était revenu dans la capitale malienne depuis samedi dernier pour assister à plusieurs réunions politiques. Il aurait été enlevé, mardi soir, à son hôtel.

Mohamed Ag Attabo

 

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