Argentine / Ghana

L’Argentine veut recourir aux tribunaux internationaux pour le retour de la Frégate Libertad retenue au Ghana

La frégate Libertad, bloqué au port de Tema près d’Accra, le 11 octobre 2012.
La frégate Libertad, bloqué au port de Tema près d’Accra, le 11 octobre 2012. AFP / CHRIS STEIN

C’est un de ces grands voiliers qui font rêver. Majestueux trois-mâts, la frégate Libertad, bateau école de la marine argentine, est bloquée depuis le 2 octobre dans le port de Tema, au Ghana. Un tribunal local ayant fait suite à un recours d’un fonds d’investissement détenteur de titres de la dette argentine. Aujourd’hui, après un appel rejeté par la justice ghanéenne, le gouvernement de Cristina Kirchner contre-attaque pour faire valoir l’immunité diplomatique dont jouirait la frégate.

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Avec notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet

NML, le fonds d’investissement qui a demandé à la justice ghanéenne d’empêcher le départ de la frégate Libertad, fait partie des 6 % des créanciers qui n’ont pas accepté la restructuration de la dette argentine en 2005.

Domicilié aux îles Cayman, c’est un de ces fonds, qualifiés de « vautours », qui ont acquis des titres à bas prix avant que l’Argentine entre en cessation de paiements en 2001 et réclament aujourd’hui le remboursement de leur créance à un prix plus élevé.

NML avait été débouté de demandes similaires en Allemagne, aux Etats-Unis et en France. C’est pourquoi, la décision du juge ghanéen a surpris à Buenos Aires, où l’affaire a déclenché une polémique entre les ministères de la Défense et des Affaires étrangères.

C’est sur proposition de ce dernier que des pays africains ont été inclus dans le périple annuel de la frégate, alors que le premier souhaitait que les escales se limitent à des Etats qui entretiennent déjà une coopération militaire avec l’Argentine.

Faisant taire ces querelles, les vice-ministres de la Défense et des Affaires étrangères ont été dépêchés ensemble au Ghana, pour des entretiens avec les autorités. En attendant une éventuelle solution diplomatique, l’Argentine a annoncé qu’elle pourrait recourir aux tribunaux internationaux pour que la frégate Libertad puisse quitter le port de Tema.

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