BURUNDI

Burundi: reprise du procès en appel de Hassan Ruvakuki, le correspondant de RFI en swahili

Hassan Ruvakuki doit être entendu lors de ce procès en appel.
Hassan Ruvakuki doit être entendu lors de ce procès en appel. Reuters

Hassan Ruvakuki a été condamné à la prison à perpétuité en première instance pour « actes de terrorisme », pour s’être rendu en novembre 2011 en Tanzanie en vue de couvrir les activités d’une nouvelle rébellion burundaise. Hier, les principales organisations professionnelles des médias ont organisé une conférence de presse pour faire le point sur le dossier. Selon le président de l’Observatoire de la presse au Burundi, Innocent Muhozi, les autorités burundaises veulent faire traîner le procès en longueur. Il a donc exigé, au nom des journalistes burundais, que Hassan Ruvakuki soit entendu rapidement.

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En première instance, Hassan Ruvakuki a été condamné à la prison à perpétuité pour avoir assisté à la naissance d'un nouveau groupe rebelle burundais en Tanzanie. Le chef d'accusation est celui « d'actes de terrorisme » alors que le correspondant de RFI a toujours affirmé n’avoir effectué que son travail de journaliste.

Ce jeudi 18 octobre s'ouvre son procès en appel. Cette journée va être largement consacrée aux auditions d'une partie des accusés. Ils sont au nombre de 23 coaccusés dont cinq ont été condamnés à la prison à perpétuité.

Les proches et soutiens du journaliste sont impatients de voir la procédure reprendre. Innocent Muhozi, président de l'Observatoire de la presse est agacé par la lenteur des événements et le fait que Hassan Ruvakuki n'a pas encore été entendu par le tribunal :« Nous espérons que cette fois il va comparaître et il va être écouté. Mais nous commençons vraiment à en avoir assez de la légèreté, de la méchanceté gratuite qui est exercée sur notre collègue qui est en prison de manière totalement abusive, qui a été condamné à perpétuité de manière totalement fantaisiste. »

Pour le président de l'Observatoire de la presse, la seule issue de ce procès doit être l'acquittement et la libération du journaliste :« Nous espérons que ce 18 [octobre ndlr], notre collègue va retrouver sa liberté parce que nous ne pouvons pas tolérer indéfiniment qu’il soit maintenu emprisonné parce que c’est chacun de nous qui est en prison. Nous le disons et nous le répétons publiquement : nous aurions tous pu le faire et donc n’importe qui d’entre nous, journalistes burundais, est en prison puisque qu’Hassan Ruvakuki, ce qu’il a fait, c’est ce que nous aurions fait... Nous tous. Nous espérons qu’il va non seulement comparaître, qu’il va être écouté, mais surtout qu’il va être acquitté. »

La solidarité de ses collègues journalistes est constante depuis le premier jour. C'est d'ailleurs ce que rappelle Innocent Muhozi : « Nous avons eu la grosse déception du premier jugement. Nous espérons que cette fois-ci, les choses vont se remettre en ordre et qu’on va tous retrouver notre tranquillité, que nos institutions vont se réhabiliter et que notre collègue va retrouver sa famille et son métier ».

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