Sénégal

Sénégal: à Dakar, les partisans de Béthio Thioune s'emportent

Des dizaines de voitures vandalisées place de l'Indépendance à Dakar.
Des dizaines de voitures vandalisées place de l'Indépendance à Dakar. RFI/Carine Frenk

Les partisans du marabout Cheikh Béthio Thioune ont violemment manifesté ce lundi 22 octobre à Dakar. Parcourant la ville en petits groupes, ils ont cassé les pare-brise d’au moins une centaine de voitures et saccagé des bus, obligeant la compagnie Dakar Dem Dikk à interrompre son service dès la mi-journée. Cheikh Béthio Thioune est écroué depuis le mois d'avril après la mort de deux de ses disciples, tués lors d'une rixe dans sa résidence. Lundi dernier, il a été transféré de Thiès à la prison de Dakar. Depuis, ses talibés ne décolèrent pas.

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Avec notre correspondante à Dakar, Carine Frenk

C’est au cri de « Libérez Béthio » que des petits groupes de jeunes disciples du marabout ont semé le désordre toute la journée dans plusieurs quartiers de Dakar.

A coups de bâtons, de pierres ou de plots de parking, ils ont notamment brisé les vitres de dizaines de voitures qui se trouvaient sur leur passage. C’est ainsi que, place de l’Indépendance, à deux pas du palais présidentiel et dans les rues adjacentes, des dizaines de véhicules garés ont eu leurs vitres brisées.

Pourquoi on casse nos voitures ? On a travaillé, gagné notre argent, acheté nos voitures... Pourquoi ils nous font ça ? Ca ce n'est pas normal

Dans la rue, l'incompréhension

Les disciples du chef religieux musulman exigent la libération de leur marabout. Ils estiment que son transfèrement de la prison de Thiès à celle de Dakar est illégal. Le porte-parole des « thiantacounes » déclare que Cheikh Bethio Thioune est un « prisonnier politique » et qu’il paie simplement le fait d’avoir ouvertement soutenu l’ancien président Abdoulaye Wade lors de la présidentielle de mars denier.

Du côté du gouvernement, on assure que la justice suit son cours et que ce n’est certainement pas la rue qui imposera sa loi. Dans un communiqué publié lundi soir, le gouvernement « met solennellement en garde toute personne ou toute association qui serait tenté de profiter d’une affaire judiciaire en cours pour faire pression sur la justice et entraver son cours normal ».

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