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Algérie / France

L'Algérie demande à la France de reconnaître les crimes coloniaux

Des manifestants du 17 octobre 1961 arrêtés par la police.
Des manifestants du 17 octobre 1961 arrêtés par la police. AFP PHOTO
Texte par : Ursula Soares
3 mn

Le ministre algérien des Moudjahidines (anciens combattants), Mohamed Cherif Abbas, a déclaré, ce mardi 30 octobre, que les Algériens veulent « une reconnaissance franche des crimes perpétrés à leur encontre par le colonialisme français ». Le président français, François Hollande avait reconnu, le mois dernier, les massacres du 17 octobre 1961 à Paris. Aujourd’hui, les Algériens demandent une reconnaissance des crimes coloniaux sans toutefois parler de repentance.

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Dans un entretien à l’agence APS, le ministre algérien a indiqué qu’au « regard des crimes perpétrés par ce colonisateur contre un peuple sans défense et compte tenu de leur impact dans l’esprit même des générations qui n’ont pas vécu cette période, sachant que tout un chacun connaît les affres subies par notre peuple du fait de la torture, des mutilations et de la destruction, les Algériens veulent une reconnaissance franche des crimes perpétrés à leur encontre », a souligné Mohamed Cherif.

Cette déclaration du ministre algérien des Moudjahidines intervient à deux jours des commémorations du 58e anniversaire du début de la lutte armée menée par les indépendantistes contre le colonisateur français. Cette insurrection - qui a commencé le 1er novembre 1954 - s’est très vite transformée en guerre. Bien que toutes ces années se soient écoulées, la question mémorielle est toujours d’actualité en Algérie. C’est un argument de politique intérieure car elle permet de raviver la fibre nationaliste dans un pays frappé par le malaise social mais elle est aussi un paramètre clé dans les relations entre la France et l’Algérie. En cette année de cinquantenaire de l’indépendance algérienne, elle ne pouvait qu’être au cœur de l’actualité.

Contenir les extrêmes

Aussi bien du côté de l’Algérie que du côté de la France, les propos tenus sont restés prudents pour contenir les extrêmes. Le 8 mai dernier, le président algérien Abdelaziz Bouteflika avait lancé un appel à l’apaisement des mémoires affirmant que seule une lecture objective de l’Histoire permettrait aux deux pays de transcender les séquelles du passé douloureux. Quelques jours plus tard, l’élection de François Hollande qui, auparavant, avait plaidé pour un regard lucide et responsable sur le passé colonial, a été saluée par les Algériens.

A l’occasion de la fête du 14 juillet, le message du président Bouteflika à son homologue français allait dans le même sens. Abdelaziz Bouteflika avait alors estimé qu’il était temps de faire un examen « lucide et courageux  » du passé entre l’Algérie et la France pour renforcer les liens entre les deux pays.

Et c’est précisément à quelques jours du 58e anniversaire du début de la guerre contre la France que le président français a reconnu, officiellement, la « sanglante répression » de la manifestation d’Algériens qui s’est déroulée à Paris le 17 octobre 1961 et qui avait fait, parmi les manifestants, entre plusieurs dizaines et plusieurs centaines de morts, selon les sources.

Cette reconnaissance de la France - une première - survient également au moment où François Hollande s’apprête à effectuer sa première visite officielle dans le pays en tant que chef d’Etat, prévue pour décembre.

La déclaration, ce mardi 30 octobre, du ministre algérien des Moudjahidines semble se positionner également sur une ligne d’apaisement. Mohamed Cherif Abbas ne demande pas d’excuses mais une reconnaissance « franche » des crimes perpétrés par la France.

Lors de la visite de François Hollande en Algérie, la France souhaiterait conclure un « partenariat stratégique » avec l’Algérie mais ce voyage du président Hollande ne « donnera pas lieu à une repentance de la France sur son passé colonial », a récemment réaffirmé le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

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