Congo-Brazzaville

Au Congo-Brazzaville, l’opposition appelle à la convocation d'états généraux de la nation

Mathias Dzon, président de l'Alliance pour la République et la démocratie (ARD), ancien ministre de l'Economie et des finances
Mathias Dzon, président de l'Alliance pour la République et la démocratie (ARD), ancien ministre de l'Economie et des finances http://www.demainlenouveaucongobrazzaville.org

A Brazzaville, l'opposition tente, une fois de plus, de se faire entendre. Un collectif des partis d'opposition vient de transmettre une longue lettre au président Sassou Nguesso. Les signataires dénoncent une grave crise dans le pays, notamment concernant le respect des libertés. Il appellent à la convocation d'états généraux de la nation.

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Mathias Dzon est une figure de l'opposition congolaise. Il appelle à la tenue de ces états généraux, qui réuniraient toutes les forces vives de la nation. « Sinon, prévient-il, le pays va à la casse. »

« Il y a une crise grave qui secoue notre pays sur tous les plans. Nous avons sollicité un dialogue qui ne vient pas. Les états généraux, ce ne serait pas seulement le pouvoir et l’opposition, mais ce sera toutes les forces vives de la nation qui se retrouveront comme en 1991 pour que les fils de ce pays puissent se retrouver, pour se dire, les yeux dans les yeux : qu’est-ce qui ne va pas et qu’est-ce que nous devons faire sur le plan politique, sur le plan économique, sur le plan social, sur le plan moral, sur le plan culturel ? Vous ne pouvez rien dire sans être inquiété au Congo-Brazzaville en ce moment ! A la conférence nationale, nous avons décidé de supprimer tout délit d’opinion. Alors, c’est revenu en force. »

« Nous avons décidé la pluralité politique, continue-t-il. Aujourd’hui, c’est le monopartisme qui règne dans notre pays. Tout a été mis par terre ! Nous demandons un dialogue politique, un dialogue qui soit démocratique. Les états généraux, tout le monde doit les partager, y compris le président Sassou Nguesso. Il a intérêt à ce que les états généraux se tiennent. Sinon, le pays va à la casse. »

« Désaxée »

Pour Pierre Ngolo, « il n'y a pas de crise au Congo ». Le secrétaire général du PCT, le Parti congolais du travail du président Denis Sassou Nguesso qualifie l’opposition de « désaxée ». Cette demande d’états généraux, ajoute-t-il, n’est qu’une manœuvre de blocage.

« Je ne pense pas qu’il existe une crise au Congo. L’opposition est sérieusement désaxée. Et elle trouve des refuges. Le processus démocratique est en marche. Le Congo est en train de se reconstruire. Je ne vois pas, dans ces conditions, de quelle crise parle-t-on. S’agit-il d’un fantasme pour s’attirer une certaine sympathie extérieure ? Dire, dans ces conditions, qu’il y a privation de liberté, qu’on n’est pas en mesure de s’exprimer, je dis, c’est très loin de la réalité congolaise ! »

Et Pierre Ngolo de continuer : « Est-ce qu’aujourd’hui, il est une situation particulière qui justifie la tenue des états généraux ? Je veux dire que c’est une manœuvre supplémentaire pour l’opposition, de chercher à bloquer. Le Congo n’est pas en crise ! »

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