Burkina Faso

Burkina Faso: début des procès des militaires qui s'étaient soulevés en 2011

A Ouagadougou, le 16 avril 2011. Depuis le 14 avril au Burkina Faso, des soldats sont sortis de leur caserne. Ils tirent en l’air et vandalisent les magasins.
A Ouagadougou, le 16 avril 2011. Depuis le 14 avril au Burkina Faso, des soldats sont sortis de leur caserne. Ils tirent en l’air et vandalisent les magasins. AFP/Ahmed Ouaba
Texte par : RFI Suivre
3 mn

C'est le premier d'une longue série de procès qui s'est ouvert mardi 27 novembre devant le tribunal militaire de Ouagadougou. Cinq militaires dans le box des accusés pour association de malfaiteurs et pillages. Au total, 346 personnes, en grande majorité des militaires, seront jugés pour des faits similaires, suite aux violences qui ont émaillé le Burkina Faso entre février et juin 2011. La crise politique la plus sévère qu'ait dû affronter le président Blaise Compaoré.

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Durant quatre mois, le pouvoir de Blaise Compaoré vacille. Entre le 22 février, jour de la mort d'un élève, Justin Zongo, lynché par des policiers, et le début du mois de juin, le pays se soulève dans une explosion de frustrations en tout genre.

Les manifestants attaquent les commissariats, les administrations et les sièges du parti au pouvoir. En quatre mois, quasiment toutes les casernes du pays, y compris celles de la garde républicaine, se soulèvent. Le 14 avril, le domicile du chef d'état-major particulier du président Compaoré est mis à sac. Mais les militaires s'illustrent par de nombreux pillages de commerce, ce qui les rend immédiatement impopulaires. Bilan de quatre mois de crise : une vingtaine de morts et des centaines de blessés.

Blaise Compaoré tarde dans un premier temps à réagir, puis il accélère. Il limoge toute la chaîne de commandement, remanie son gouvernement et prend directement en main le ministère de la Défense. Sur le front social, il diminue certaines taxes pour calmer la grogne et fait juger certains responsables accusés de corruption. Le mouvement, qui est toujours resté spontané et peu organisé, finit par s'essouffler. Mais sur le fond, les choses ont elle changé ? Rien n'est moins certain. Le pouvoir souffre toujours d'un déficit de légitimité aux yeux d'une partie de la population. En revanche, la société civile s'est réveillée, elle réclame désormais la parole et surveille attentivement l'approche de l'échéance présidentielle de 2015.

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