Tunisie

Tunisie: les tensions s’exacerbent à l'intérieur du pays

Heurts entre la police et un manifestant ce vendredi 30 novembre 2012 à Siliana.
Heurts entre la police et un manifestant ce vendredi 30 novembre 2012 à Siliana. REUTERS/Mohamed Amine ben Aziza
Texte par : RFI Suivre
6 mn

La journée de ce vendredi 30 novembre a été marquée par de nouveaux affrontements entre manifestants et force de l'ordre dans la ville de Siliana, à quelque 120 km au sud-ouest de Tunis. La police a procédé à des tirs de sommation. Environ 300 personnes ont été blessées au cours des heurts depuis le début du conflit. Les habitants de Siliana, emmenés par la centrale syndicale UGTT, réclamaient pour le quatrième jour consécutif la démission du gouverneur de la province. Des manifestations de solidarité ont été signalées dans plusieurs villes du pays.

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Des rassemblements de soutien à Siliana ont été organisés mercredi et jeudi par l'opposition et des branches locales de l'UGTT dans une demie douzaine de villes, dont Sidi Bouzid, Kairouan et le Kef. L'objectif est de dénoncer la violente répression policière à Siliana. Ces villes de l'intérieur ont toutes été délaissées durant le règne de Zine el-Abidine Ben Ali, qui a préféré soigner sa vitrine, à savoir les zones côtières.

La police aurait réprimé de nouveau, n'ayant pas apprécié de devoir céder sa place aux militaires.

La colère gronde à Siliana

« Le gouvernement Ennahda n'a rien fait pour ces régions », a déclaré à RFI le porte-parole de l'UGTT, Sami Tahri. Sa centrale a sûrement des arrières pensées politiques, même si la colère exprimée dans la rue est réelle. Le parti islamiste affirme s'attaquer aux disparités régionales, mais il a peu de résultats tangibles à présenter à une population gagnée par la colère et l'impatience.

La Tunisie compte vingt-quatre gouverneurs. Ils font souvent les frais de l'exaspération des populations du centre, qui les accusent d'œuvrer pour le bien du parti Ennahda et non pour celui de leur région. La grogne a aussi mené à des mouvements de grève dans le bassin minier de Gafsa le mois dernier, à des manifestations de chômeurs dans plusieurs localités et à d'importants rassemblements à Sidi Bouzid, en juillet et août dernier.

La troïka au pouvoir doit miser sur l'épuisement à Siliana, mais elle est sans doute fébrile à l'approche du 17 décembre, l'anniversaire de l'immolation de Mohammed Bouazizi, l'étincelle qui avait déclenché le printemps arabe.

Inquiétude du pouvoir central

Lors d'une allocution télévisée, le président Moncef Marzouki s'est vivement inquiété du risque d'instabilité dans le pays après la vague de violences qui a fait au moins 270 blessés à Siliana. Le président Marzouki a appelé à la formation d'un gouvernement restreint et efficace.

Le président a évoqué une instrumentalisation de certains pour les inciter aux troubles.

Moncef Marzouki renvoit la responsabilité de la crise au gouvernement

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