TUNISIE

Tunisie : un accord pour résoudre la crise de Siliana après cinq jours de violence

Ce samedi en fin d'après-midi, des centaines de jeunes et des policiers s'affrontaient toujours. Siliana, le 1er décembre 2012.
Ce samedi en fin d'après-midi, des centaines de jeunes et des policiers s'affrontaient toujours. Siliana, le 1er décembre 2012. REUTERS/Mohamed Amine ben Aziza
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le gouvernement et le syndicat UGTT l'ont annoncé ce samedi après-midi 1er décembre : le compromis prévoit que le gouverneur de cette région, à 120 km au sud-ouest de Tunis, Ahmed Ezzine Mahjoubi, dont les manifestants réclament le départ, est écarté de ses fonctions, qui seront exercées par son adjoint. Mais il n'a pas été limogé dans l'immédiat. D'autres mesures devraient être prises pour favoriser le développement économique de la région. C'était en effet l'une des revendications des manifestants. Le gouvernement a partiellement cédé face à la pression de la rue, alors que le conflit menaçait de se répandre dans d'autres régions.

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Implicitement, on comprend qu'on nommera un nouveau gouverneur

Réactions à l'accord entre syndicalistes et gouvernement

L'accord, obtenu au terme de sept heures de réunion intenses, selon un participant, est complexe. Officiellement, le gouverneur contesté, Ahmed Ezzine Mahjoubi, reste provisoirement en fonction, mais c’est son adjoint qui exercera ses prérogatives. C'est ce qu'a indiqué le ministre de l'Agriculture, Mohamed Ben Salem, qui a pris part aux négociations.

Cette subtilité permet à Ennahda de garder la face. Le Premier ministre Hamadi Jebali, avait déclaré cette semaine que le gouverneur serait maintenu à son poste tant qu'il serait lui-même en fonction à la primature. Son gouvernement ne souhaite pas donner l'impression qu'il cède systématiquement dès que la rue s'embrase. En octobre, il s'était déjà résigné à remplacer le gouverneur contesté de Sidi Bouzid.

On retiendra de cette journée que le gouvernement Ennahda renoue le dialogue avec la centrale syndicale. L’UGTT était entrée dans une logique d'affrontements depuis le boycott par le parti islamiste de son sommet social en septembre.

L'UGTT estime avoir paraphé un bon accord. Sa section régionale n'a pas émis pour l’heure de nouvel appel à manifester. « Maintenant on essaie de calmer les jeunes », a dit à RFI le délégué régional à Siliana, des jeunes qui demeurent exaspérés par la violence de la répression des forces de l'ordre ces cinq derniers jours.

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