Côte d'Ivoire / France

Procès Mahé : le général affirme qu’il n’a pas donné l'ordre de tuer

Le général Henri Poncet, lors de son arrivée au palais de Justice au premier jour du procès. Paris, le 27 novembre 2012.
Le général Henri Poncet, lors de son arrivée au palais de Justice au premier jour du procès. Paris, le 27 novembre 2012. AFP PHOTO /KENZO TRIBOUILLARD

En France, le général Henri Poncet, ancien commandant de la force Licorne en Côte d'Ivoire, a maintenu ce mardi 4 décembre devant la cour d'assises de Paris qu'il n'avait pas donné l'ordre de tuer l'Ivoirien Firmin Mahé en 2005.

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Avec notre envoyé spécial aux assises de Paris, Frank Alexandre

« Un mort ne m’intéressait pas mais un blessé m’intéressait pour l’interroger. » Ainsi parle Henri Poncet, ancien chef de la force Licorne. La cour d’assises attendait ce témoignage, ce face-à-face entre le général et le colonel Burgaud, seul officier accusé.

« Qui a donné l’ordre de faire en sorte que Firmin Mahé n’en sorte pas vivant ? », demande le président de la cour. « Je n’ai jamais tenu ces propos », affirme d’emblée le général. « Le colonel Burgaud dit que c’est vous », reprend le président. « Normal, c’est sa ligne de défense pour limiter sa responsabilité », conclut le général.

Henri Poncet se lance alors dans une longue explication sur les mécanismes psychologiques. « En situation de stress dépassé, dit-il, on s’identifie aux populations. » « On veut à tout prix les sauver et on est envahi par un sentiment de surpuissance, poursuit le général, on franchit la ligne rouge, c’est comme çà que j’explique ce décrochage moral. »

Le colonel Burgaud est ensuite invité à la barre et lance : « Je croyais avoir été commandé par un chef pas par un psychiatre. J’affirme que Poncet m’a donné cet ordre mais il ne l’assume pas. »

Le public applaudit. Henri Poncet, imperturbable, n’adresse pas un regard au colonel Burgaud.

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