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Procès Firmin Mahé: derniers experts et témoins à la barre avant le réquisitoire

Des soldats français bord d'un véhicule blindé léger de la Force Licorne à Abidjan, le 3 avril 2011.
Des soldats français bord d'un véhicule blindé léger de la Force Licorne à Abidjan, le 3 avril 2011. REUTERS/ECPAD/SCH Blanchet

Dans le procès de Firmin Mahé, à la veille du réquisitoire qui a lieu ce jeudi 6 décembre, on a entendu les derniers experts et témoins. Un procès où quatre anciens militaires français de la force Licorne en Côte d'Ivoire sont accusés du meurtre de l'Ivoirien Firmin Mahé en 2005. Les débats sont donc clos, l'heure est au bilan du procès.

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Avec notre envoyé spécial aux assises de Paris, Frank Alexandre

Deux semaines d’audience et un constat implacable : les quatre accusés sont tous des soldats exceptionnels pris dans un contexte exceptionnel.

C’est un fait, l’adjudant-chef Raugel a bien tué Firmin Mahé. Un acte illégal, a-t-il reconnu, mais justifiable car c'est aussi un fait : Mahé était bien le chef d’une bande de coupeurs de route qui terrorisait la zone de confiance.

Le geste fort que pourrait faire le ministère public serait de nous donner des réquisitions qui fassent en sorte qu'Eric Burgaud et ses subordonnés n'aillent pas dormir en prison.

Alexis Gublin, avocat du colonel Burgaud

Au cours des débats, de nombreux témoins (des militaires mais également des Ivoiriens) sont venus affirmer qu’il était impensable de laisser Mahé poursuivre son œuvre criminelle.

Autre constat encore : la mission confiée aux soldats français était intenable. On leur demandait de pacifier la région sans leur donner les moyens d’intervenir efficacement en toute légalité.

Et puis, il y a le respect des ordres. On a beaucoup dit au cours de ce procès qu’il est difficile pour un soldat de ne pas obéir. Or la décision d’éliminer Mahé a été transmise par le colonel Burgaud, ordre qu’il tenait du patron de la force Licorne en personne, le général Poncet qui, lui, n’est pas poursuivi.

Certes, un soldat ne doit pas obéir à un ordre illégal, pourtant à l’armée on apprend aussi que réfléchir, c’est déjà désobéir. Réfléchir ou obéir, ce fut le dilemme des quatre accusés et toutes les conditions sont réunies pour poser à la cour d’assises un véritable cas de conscience.

Jeudi, le ministère public prononcera son réquisitoire pour un verdict attendu vendredi.
 

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