ANC / Elections

Kgalema Motlanthe, le discret

Le vice-président sud-africain Kgalema Motlanthe le 7 octobre 2011 à Cape Town.
Le vice-président sud-africain Kgalema Motlanthe le 7 octobre 2011 à Cape Town. AFP / RODGER BOSCH

L’actuel vice-président sud-africain Kgalema Motlanthe va finalement se porter candidat à la présidence de l’ANC, face à Jacob Zuma, le sortant.

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Discret, humble, presque effacé, Kgalema Motlanthe aura attendu le dernier moment pour officialiser sa candidature à la présidence de l’ANC.

Jusqu’ici, c’était l’arlésienne : de nombreux responsables de l’ANC faisaient campagne pour lui. Il avait le soutien de l’ANC dans trois provinces du pays, le Gauteng, le Cap Occidental et le Limpopo, pour occuper le poste de président du parti, et lui se taisait.

Finalement, il va bien relever le gant lors de la conférence qui s’ouvre dimanche 16 décembre à Mangaung, même si les chiffres ne sont pas en sa faveur.

Pour ce farouche défenseur de l’unité de l’ANC, cette décision est un peu contre-nature. Il prend le risque de la division. Mais Kgalema Motlanthe est aussi un homme soucieux de la discipline du parti, et puisque son nom a été suggéré, il s’exécute.

Son plus grand atout aujourd’hui, c’est peut-être d’être aussi différent que possible de Jacob Zuma. Né en 1949, de culture Tswana, il a grandi à Alexandra, l’un des plus vieux townships près de Johannesburg. Il n’a jamais choisi l’exil pendant les années d’apartheid et a passé dix ans emprisonné à Robben Island.

Il est monogame et a, semble-t-il, envisagé un temps de devenir prêtre dans sa jeunesse, avant de se détourner de la religion et de s’investir en politique. Ce qui ne l’empêchait pas de dire, il y a quelques jours, devant la presse étrangère : « J’ai une attitude politique mais je ne suis pas un politicien ».

Kgalema Motlanthe est le n°2 du parti depuis 2007. Il n’avait pas choisi clairement son camp au moment de l’affrontement entre Thabo Mbeki et Jacob Zuma, préférant se poser comme le garant de l’unité du parti. Il avait finalement permis à Jacob Zuma de l’emporter. Il a ensuite occupé la présidence de la République pendant quelques mois, entre septembre 2008 et mai 2009 après l’éviction de Thabo Mbeki.

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