RCA

En Centrafrique, les rebelles du Séléka progressent encore

La République centrafricaine.
La République centrafricaine. Latifa Mouaoued/RFI

Au lendemain de l'appel à la négociation des dirigeants des Etats d'Afrique centrale, les rebelles centrafricains du Séléka assurent, ce samedi 22 décembre, avoir conquis trois nouvelles localités. Cette communication intervient alors que le gouvernement confirme être toujours prêt à discuter, mais à condition que les rebelles se retirent sur leurs anciennes positions.

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La trêve n'a pas duré. Les rebelles poursuivent leur progression. Selon le colonel Narkoyo, l'un des porte-parole du Séléka, ses combattants ont conquis ce samedi soir la localité de Koukourou, près de Ndélé, après un accrochage avec une colonne des Forces armées centrafricaines (FACA).

Dans une autre zone, un détachement rebelle parti des environs de Bria, au centre-est du pays, est entré dans la matinée dans la ville d'Ippy. Puis, dans l'après-midi, celui-ci a poussé son avancée jusqu'à Ndassima.

Selon le Séléka, ces nouvelles conquêtes ne remettent pas en cause les promesses de la veille, qui consistaient à geler les positions. D'après un porte-parole de la rébellion, il s'agissait simplement d'une action préventive visant à mettre en déroute des soldats loyalistes préparant une attaque.

La tension monte à Bangui

D'autres sources avancent une version bien différente. Selon elles, quatre véhicules rebelles ont pénétré dans Ippy pour aller se ravitailler en carburant, alors que les quelques FACA de la ville avaient déjà décampé. En revanche, plus au sud, à Bambari, un habitant assure que l'armée a renforcé ses positions samedi après-midi.

D'après cette source, des soldats centrafricains, mais aussi tchadiens, sont venus se masser dans cette ville pour faire barrage à la progression des rebelles. La guerre est encore loin de Bangui, mais la tension monte dans la capitale de la RCA. Ce samedi, dans le quartier du PK5, des jeunes ont manifesté leur disponibilité pour aller épauler l'armée.

La fermeté de Bangui

Au lendemain du sommet de Ndjamena, le gouvernement annonce souscrire aux décisions des chefs d'état d'Afrique centrale. Les autorités de Bangui se disent prêtes à dialoguer sans délai à Libreville avec les rebelles mais à une condition : que le Séléka se retire d'ici une semaine sur ses anciennes positions.

Nous insistons lourdement sur ce retrait. Mais au lieu de se retirer, ce samedi les rebelles se sont emparés d'autres villes en violation des décisions prises à Ndjaména. Ils ne peuvent pas demander à la fois une chose et son contraire. S'ils veulent la paix, ils doivent respecter les décisions de la médiation de la Ceeac.

Josué Binoua

Alors que les pays voisins demandent des négociations sans délai, la situation dans le nord du pays tenu par les combattants du Séléka est toujours difficile pour la population. Médecins Sans Frontières s'inquiète.

Depuis le début des combats, les populations fuient dans la brousse, et se dispersent. Il est donc très difficile pour MSF de leur apporter l'aide nécessaire.

Sylvain Groulx

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