Soudan / Soudan du Sud

Les présidents des deux Soudans reprennent les négociations à Addis-Abeba

L'accord partiel trouvé en septembre 2012 entre le Soudan et le Soudan du Sud est resté au point mort.
L'accord partiel trouvé en septembre 2012 entre le Soudan et le Soudan du Sud est resté au point mort. REUTERS
Texte par : Ursula Soares
5 mn

Les présidents soudanais, Omar el-Béchir et sud-soudanais, Salva Kiir, sont arrivés ce vendredi 4 janvier à Addis-Abeba, en Ethiopie, pour tenter de relancer les négociations – au point mort - et de mettre en œuvre les accords signés entre les deux pays en septembre dernier. Les deux hommes ont été reçus par les deux médiateurs : le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn et l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki. La rencontre entre les deux chefs d’Etat était prévue dès ce vendredi soir et se poursuivra dans la matinée de samedi.

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C’est la première fois que les deux dirigeants se rencontrent depuis qu’ils ont signé différents accords et laissé quelques problèmes en suspens en septembre dernier.

Se présentant devant la presse, ce vendredi, les Sud-Soudanais ont affirmé qu’il est hors de question d’accepter de « nouvelles pré-conditions » et que c’est à leurs voisins du nord qu’il revient de surmonter les obstacles actuels.

Concernant le conflit sur la zone d’Abyei – revendiquée par les deux pays – Pagan Amum, négociateur en chef du Soudan du Sud, a admis que les Sud-Soudanais seraient prêts à s’en remettre à un arbitrage international dont les modalités seraient à discuter entre les deux délégations.

Si aucun terrain d’entente n’est possible sur certains points, nous proposons de nous engager à accepter la décision d’un arbitrage international.

Pagan Amum

Jeudi 3 janvier, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a encouragé les deux dirigeants « à traiter de manière décisive tous les problèmes en suspens », parmi lesquels « la sécurité, la délimitation de la frontière et le statut final » d’Abyei. De son côté, la présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Nkosazana Dlamini-Zuma, a émis l’espoir que ce sommet permettrait « aux deux présidents de s’accorder sur les voies et moyens les meilleurs pour surmonter les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des accords historiques » signés en septembre.

Les Sud-Soudanais ont assuré également, ce vendredi, de leur volonté de mettre en œuvre une coexistence pacifique et d’assurer une sécurité mutuelle mais ils ont aussi réaffirmé, avec force, que le régime de Khartoum avait procédé à des bombardements et même à des attaques au sol depuis le 26 décembre.
« Le Soudan a bombardé le Soudan du Sud et violé non seulement les accords signés en commun mais aussi la résolution 2 426 des Nations unies qui appelle à un arrêt des hostilités », a affirmé Pagan Amum avant d’ajouter que cela aura « des impacts négatifs » sur le sommet.

Les problèmes laissés en suspens

Il reste deux problèmes majeurs à régler entre les deux pays : la question pétrolière – bloquée depuis un an – et le statut d’Abyei.

Lors des premiers contacts directs entre les deux Soudans, le mois de septembre dernier, Omar el-Béchir et Salva Kiir s’étaient alors mis d’accord sur les modalités de reprise de la production pétrolière du Soudan du Sud dont l’exportation dépend des oléoducs du Soudan. Les Sud-Soudanais s’étaient engagés à verser un tarif raisonnable pour le transit de leur pétrole par les oléoducs nordistes et compenser Khartoum pour la perte subie, conséquence de l’indépendance du Soudan du Sud qui possède 70% des champs pétrolifères.

Cependant, en janvier 2012, Juba a arrêté ses exportations de pétrole à la suite d’un différend avec Khartoum, ce qui a provoqué un manque à gagner énorme aussi bien pour Juba que pour Karthoum.

La région frontalière d’Abyei fait également partie des dissensions entre les deux pays. Son statut et plus généralement la démarcation précise de la frontière entre les deux Soudans demeurent une question éminemment sensible. Sur ces questions, les deux présidents ne sont parvenus à aucun accord en septembre. Un échec que Salva Kiir avait alors imputé à « l’intransigeance »de Khartoum.

Les discussions entre Salva Kiir et Omar el-Béchir doivent s’achever samedi 5 janvier. Reste à savoir si elles vont aboutir à un apaisement ou à un renforcement de la tension entre le Soudan et son jeune voisin du Sud.

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