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L’intervention militaire au Mali: les mauvais souvenirs des Américains

Patrouille de soldats américains.
Patrouille de soldats américains. Reuters/Baz Ratner

Les Etats-Unis ont finalement décidé d'apporter leur soutien à l'action militaire de la France au Mali. Les Américains fourniront à l'armée française un appui logistique « limité » et une aide en matière de renseignement, a déclaré le secrétaire à la Défense, Leon Panetta. Washington se montre donc extrêmement prudent. Pour l’administration Obama, il n’est pas question de s'engager sur un nouveau front contre les islamistes radicaux.

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Le moins que l'on puisse dire c'est qu'au Sahel, l'expérience des Etats-Unis n'a pas été heureuse. Pour contrer les terroristes, Washington avaient misé sur la formation de l'armée malienne. Pendant plusieurs années et jusqu’en mars 2012, des officiers et des membres des forces spéciales américains ont entraîné des militaires locaux. Ainsi, ces derniers devaient apprendre comment protéger la population civile, comment éliminer des terroristes ou encore comment contrer le plus tôt possible des frappes venues de l’intérieur. Cette stratégie a coûté la somme conséquente de près de 600 millions de dollars au Pentagone.

Pourtant, cette approche s'est soldée par un échec : certains militaires maliens d'origine touarègue ont fait défection et ont rejoint les jihadistes avec armes, bagages et savoir militaire acquis. En mars dernier, le capitaine Sanogo, formé par l'armée américaine, a organisé le putsch contre le gouvernement malien. Ce qui a entraîné l'arrêt immédiat du programme américain de formation sur place. Depuis, l'administration Obama est sur ses gardes.

L’entourage du président américain est en effet très sceptique concernant une éventuelle participation directe de l’armée américaine dans la crise au Mali. Une telle participation est pour l’instant exclue. Certes, le département d'Etat a fait savoir que les Américains partageaient entièrement l'objectif français d'empêcher les terroristes de bénéficier d'un sanctuaire dans la région. « Nous avons la responsabilité d'aller chercher les membres d'al-Qaïda où qu'ils se trouvent », a aussi déclaré le secrétaire à la Défense. Mais en ce qui concerne le Mali, les Américains sont soulagés de ne pas être, pour une fois, en première ligne.

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