République centrafricaine

RCA: l'opposant Nicolas Tiangaye nommé Premier ministre

Nicolas Tiangaye, le 5 janvier 2013 à Bangui.
Nicolas Tiangaye, le 5 janvier 2013 à Bangui. AFP/ SIA KAMBOU

Ce jeudi 17 janvier, l'opposant Nicolas Tiangaye a été nommé Premier ministre centrafricain du gouvernement d'union nationale issu de l'accord de paix de Libreville. L’homme est un célèbre avocat, juriste réputé, fervent défenseur des droits de l'homme. Son parcours est respecté de tous. C’est même « quelqu'un de bien », affirme Eric Massi, coordonnateur de la Seleka.

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Avec notre envoyé spécial,

Le décret vient d’être signé ce jeudi 17 janvier à la mi-journée par le président Bozizé : Nicolas Tiangaye, c’est officiel, désormais, est le nouveau Premier ministre de transition. Les représentants du pouvoir, de l’opposition, de la rébellion, des corps diplomatiques ont assisté à la cérémonie -très théâtrale- au palais de la Renaissance à Bangui.

François Bozizé a lancé tout d’abord dès le début de la réunion au chef de la Seleka, le chef de la rébellion Michel Djotodia : « Venez, je veux vous entendre de vive voix pour me dire quel est le choix pour le poste de Premier ministre. » Le chef rebelle s’est alors levé, a pris le micro pour prononcer le nom de Nicolas Tiangaye avant de demander la libération de tous les prisonniers politiques.

Réponse rapide de François Bozizé : « Je libère tout le monde à la minute, mais vous aussi, faites ce que vous avez à faire ». Puis, pour montrer qu’il entend bien rester au centre du jeu, le chef de l’Etat centrafricain a proposé son schéma pour le futur gouvernement : trente ministres, selon lui, douze pour la majorité dont les principaux ministères de la souveraineté, cinq pour l’opposition, cinq pour la Seleka dont le portefeuille de la Défense, quatre pour les mouvements politico-militaires non combattants et enfin quatre pour la société civile.

Puis plusieurs interventions se sont succédées ; la plupart pour critiquer l’accord de Libreville et dire qu’il n’était pas assez inclusif. Mais au final, une intervention est sortie du lot, celle du général Mohamed-Moussa Dhaffane, l’un des chefs de la Seleka. Il s’est levé sans y être invité et a lancé au président : « Nous sommes le mal. La Seleka est le mal mais le mal le plus profond de son pays, c’est l’exclusion. Changez et nous changerons aussi ».

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