Algérie / Terrorisme

Algérie : découvertes macabres dans l'enceinte du site gazier d'In Amenas

Escorté par des militaires algériens, un otage quitte In Amenas, le 19 janvier 2013.
Escorté par des militaires algériens, un otage quitte In Amenas, le 19 janvier 2013. EUTERS/Louafi larbi

Au lendemain de l'assaut final lancé par l'armée algérienne sur le complexe gazier d'In Amenas, théâtre d'une spectaculaire prise d'otages menée par des jihadistes pendant quatre jours, on n'a toujours pas de bilan définitif.  Les bilans qui ont été fournis jusqu'ici de source officielle à Alger risquent d'être revus à la hausse. Ce dimanche, l'armée algérienne a découvert 25 corps, probablement ceux d'otages abattus.

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Vue aérienne

Le bilan va « s'alourdir », a affirmé le ministre de la Communication algérien ce dimanche 20 janvier. Jusqu'ici, on parlait de 32 ravisseurs jihadistes tués par l'armée, et 23 de leurs captifs algériens et étrangers décédés au cours des quatre jours qu'aura duré cette prise d'otages ultra violente.

D'abord, d'après les chiffres officiels, il manque encore des otages. Les autorités algériennes n'ayant pas précisé la nationalité des victimes, plusieurs ambassades sont toujours sans nouvelles de certains de leurs ressortissants : dix Japonais, deux Malaisiens, cinq employés norvégiens du groupe Statoil, un Colombien travaillant pour BP, deux Américains, trois Britanniques, entre autres. On devrait en savoir un peu plus dans la journée.

Face au terrorisme, il faut être implacable

Laurent Fabius

Les forces spéciales continuent de ratisser le complexe gazier à la recherche d'éventuelles autres victimes. Selon notamment la chaîne de télévision privée Ennahar, 25 corps ont été retrouvés sur place ce 20 janvier. Des témoins ont rapporté que neuf Japonais avaient été exécutés dès mercredi par les ravisseurs.

Par ailleurs, on en sait désormais un peu plus sur le déroulement des opérations. Vendredi soir, après le premier assaut, il reste onze terroristes retranchés dans l'usine avec un groupe d'otages. Les assaillants jihadistes mettent ensuite le feu à une partie de la base. Samedi à l'aube, les derniers otages algériens sont libérés. En début de matinée, les terroristes abattent les sept otages étrangers. Les forces spéciales entendent des coups de feu et donnent l'ultime assaut. L'affrontement dure plus d'une heure. Les onze terroristes sont finalement abattus.

Avec notre correspondante à Alger, Leila Beratto

In Amenas est à la Une de toute la presse et dans toutes les conversations. Mais ici, on se félicite du bilan. Tous les terroristes neutralisés, près de 700 otages libérés, c'est une bonne nouvelle pour les Algériens qui ont été habitués aux morts par centaines pendant les années noires.

Certains regrettent que les autorités aient gardé le silence. « L'échec de la communication algérienne offrait une autoroute pour le déversement de toutes les bêtises et de toutes les malveillances », écrit le journal Le Quotidien d'Oran, qui déplore toutes les critiques entendues dans les médias internationaux.

La population et la presse algérienne soutiennent très majoritairement l'armée, mais les journalistes ont désormais des questions. Qui sont ces hommes très lourdement armés, et qui pour la plupart ne sont pas Algériens ? D'où sont ils venus? Et surtout, cela veut-il dire que l'Algérie est devenue un lieu de refuge pour les islamistes armés, comme d'autres pays du Sahel ?

Car si les terroristes ont prétendu que cette opération avait un lien avec l'intervention armée française au Mali, on sait désormais que cette opération avait été planifiée il y a plusieurs mois.

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