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Togo / France

Au Togo, un communiqué du Parti socialiste français provoque de vifs débats

Deux hommes fuient les gaz lacrymogènes lancés par la police pour disperser les manifestants lors de la marche prévue le 10 janvier  par le collectif « Sauvons le Togo », à Lomé.
Deux hommes fuient les gaz lacrymogènes lancés par la police pour disperser les manifestants lors de la marche prévue le 10 janvier par le collectif « Sauvons le Togo », à Lomé. AFP PHOTO / DANIEL HAYDUK
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au Togo, le communiqué du Parti socialiste français publié mercredi 13 février et intitulé « Démocratie bafouée » fait beaucoup de bruit. Dans ce texte, le PS dit observer « avec inquiétude la vague d'arrestations d'opposants politiques orchestrée depuis un mois par le pouvoir en place ». Le PS dénonce également « l'arbitraire manifeste » de ces arrestations. A Lomé, les réactions politiques ne se sont pas fait attendre.

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La publication mercredi 13 février du communiqué du Parti socialiste, critiquant ouvertement les arrestations de ces dernières semaines, a suscité de nombreuses réactions politiques à Lomé. L'Union pour la République (Unir), le parti au pouvoir, n'a pas attendu pour faire part de son « étonnement », et dénonce une « intrusion regrettable dans le déroulement de la procédure judiciaire ». Du côté de l'opposition en revanche, on estime que ce communiqué du Parti socialiste est une très bonne chose.

« Lorsque le Parti socialiste parle d’arrestations arbitraires, on se demande sur quoi il se fonde », s'insurge ainsi Georges Aïdam, premier vice-président de l'UNIR. Pour les autorités, ces arrestations sont directement liées aux incendies qui ont ravagé les marchés de Kara et de Lomé du 10 et 12 janvier. Et surtout, poursuit Georges Aïdam, elles ont toutes un fondement juridique : « Ceux qui sont arrêtés, l’ont été régulièrement. Tout se déroule selon les normes », explique ainsi le responsable du Parti de la majorité.

Sans surprise, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC, opposition), qui dénonce l'arrestation de quatre de ses leaders et d'une dizaine de militants, se félicite de ce soutien.

« Pour nous, c’est un véritable sujet de satisfaction, se réjouit ainsi Jean-Pierre Fabre secrétaire général de l'ANC,« parce que nous avons perçu que le Parti socialiste a compris ce qui se passe au Togo, c’est-à-dire l’instrumentalisation d’une situation pour décapiter le collectif Sauvons le Togo. » Une publication d'autant plus encourageante, selon lui, que « le Parti socialiste est actuellement dans la majorité qui gouverne et (qu'il) doit servir d’aiguillon au gouvernement français. Vraiment nous nous sentons soutenus, surtout que le Parti socialiste exige, comme nous, la libération immédiate des personnes détenues arbitrairement. A partir du moment où la communauté internationale se joint à nos cris, cela ne peut qu’aider. »

Georges Aïdam dénonce au contraire l'attitude du Parti socialiste français : « Nous comprenons (qu'il) soit soucieux de la marche de la démocratie au Togo, mais de là à vouloir défendre des gens qui, même s’ils sont présumés innocents, font l’objet de poursuites judiciaires... Je crois savoir qu’en France, lorsque c’est le cas, on s'attend à ce que la justice aille jusqu’au bout. » Avant de conclure : « Je rappelle que ces événements sont très douloureux et qu'ils auraient dû amener le Parti socialiste à un peu plus d’humanité vis-à-vis de ceux qui ont tout perdu. Ce n’est pas le cas et nous le déplorons très sincèrement. »

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